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Voeux 2016 : Souveraineté, Démocratie, Laïcité !

souveraineté

Il est d’usage de formuler des vœux pour la nouvelle année:

Donc pour chacun, la santé et une vie pleine d’amour et d’amitiés !

Et à titre collectif, puissions-nous réinventer le NOUS afin de vivre ensemble et de refaire NATION !

Pour refaire Nation, la France doit reprendre la maîtrise de son destin, la maîtrise de ses décisions dans tous les domaines et cesser de subir celles de l’UE, de l’OTAN aux ordres de l’oligarchie financière et de l’impérialisme étasunien. La Souveraineté sans laquelle la Démocratie est illusoire, la Laïcité sans laquelle le NOUS est vain, sont les conditions essentielles pour renforcer la cohésion nationale !

De ce point de vue, l’année 2016 commence sous de bons auspices avec le dernier livre à paraître de J Sapir…

QE ou la reconnaissance que la zone Euro ne fonctionne plus

Le QE de la BCE

Jacques Sapir
22 janvier 2015

Par 

Ainsi, Mario Draghi a bien utilisé le « bazooka ». L’annonce qu’il vient de faire le jeudi 22 janvier restera dans les annales. La Banque Centrale Européenne s’est donc converti à « l’assouplissement », ce que l’on appelle le « quantitative easing » (ou QE pour les initiés. Mais, il s’agit d’une mesure désespérée. Rien ne prouve qu’elle donne les résultats espérés. Elle soulève par ailleurs de nombreuses questions. En un sens, on peut y voir aussi, et c’est là peut-être le point le plus important, l’amorce d’une reconnaissance que la zone Euro ne fonctionne plus et qu’il convient d’en préparer la dissolution.

Les mesures annoncées.

Lors de sa conférence de presse Mario Draghi a donc fait une série d’annonce que l’on peut résumer comme suit :

  • -       La BCE a décidé de lancer un programme d’achat d’actifs étendu, qui rassemble mais aussi dépasse les programmes antérieurement annoncés (TLTRO). Ce programme, qui entrera en vigueur au mois de mars et se continuera jusqu’en septembre 2016, consistera dans des achats de titres obligataires privés et publics sur le marché secondaire pour un volume de 60 milliards d’Euros par mois.
  • -       Ce programme a été décidé en raison de l’effondrement de l’inflation et des risques que fait courir la déflation à la zone Euro.
  • -       Il sera mis en place sous une règle de proportionnalité à la contribution de chaque gouvernement au système de la BCE.
  • -       La BCE coordonnera les achats de titres qui seront effectués, dans les limites indiquées par les Banques Centrales Nationales (NCB). La prise en compte des risques sera couverte à 20% par la BCE dans le cadre d’un principe de solidarité à l’échelle de la zone Euro, et pour le reste reviendra à chaque Banque Centrale.
  • -       Les titres achetés pourront avoir une maturité allant jusqu’à trente ans.
  • -       Ce programme ne doit pas inciter les gouvernements au laxisme budgétaire.

Ces mesures étaient attendues par les opérateurs des marchés financiers, mais l’ampleur du programme a favorablement impressionné ces mêmes opérateurs. Le montant total de cet « assouplissement » atteignant ainsi 1140 milliards. L’Euro a amorcé un mouvement de baisse par rapport au Dollars des Etats-Unis. Mais, d’autres détails sont aussi à noter, et en particulier la règle de proportionnalité dans les achats de dettes (qui implique que trois pays en bénéficieront le plus, l’Allemagne, la France et l’Italie) mais aussi la règle de solidarité qui est limitée à 20% des achats.

Une mesure désespérée ?

On doit se demander si cette annonce faite par Mario Draghi n’est pas la toute dernière mesure prise en désespoir de cause devant l’évolution de la situation économique, mais aussi politique, de la zone Euro. Rappelons les faits : Lire la suite

Alors, on fait quoi ?

par Bertrand Renouvin le 12 février 2014

Le dernier éditorial se terminait par une adjuration - Ne laissons pas faire ceux qui ont trahi – qui a provoqué la question lapidaire d’une lectrice : « Alors, on fait quoi ? ». Mais qui, on ? Notre journal est lu par des militants de la Nouvelle Action royaliste et par des amis qui ne partagent pas notre conviction royaliste. L’ensemble forme un groupe de taille modeste mais cohérent. Nos amis ont compris que la NAR envisage la monarchie royale comme l’une des modalités de la République, autrement dit comme une institution qui permet, autant que possible, la réalisation du Bien commun.

C’est là un projet à très long terme, qui conserve son actualité. Les plus réservés de nos lecteurs savent que la symbolique monarchique et royale compte pour beaucoup dans la constitution de notre identité historique et constatent qu’elle inspire à la NAR une conception rigoureuse du Politique, qui s’affirme comme exercice pratique de la légitimité et de la souveraineté. Souveraineté nationale et souveraineté populaire, selon les principes communs. Légitimité que le pouvoir acquiert par inscription délibérée dans l’histoire nationale, par le consentement populaire, par le service rendu à la justice et à la liberté. Notre souci de la défense nationale, de l’équilibre du continent européen et du rôle de la France dans le monde procède de cette conception du Politique qui est l’œuvre, toujours enrichie, de chercheurs appartenant à diverses traditions. Cela signifie que la Nouvelle Action royaliste est tout le contraire d’une secte : elle ne cultive pas une mystique, elle n’a pas forgé une idéologie, elle reconnaît toutes ses dettes intellectuelles et c’est pourquoi elle peut agir en toute clarté avec ses amis dans ce parti des politiques qu’on peut tout aussi bien appeler parti patriote ou parti républicain.

Nous savons avec qui agir. Mais alors que fait-on ? Nous participons au réveil de la mémoire nationale, à la lutte contre l’ultralibéralisme, l’atlantisme et l’européisme, à l’élaboration du programme de la renaissance… Nous sommes, depuis longtemps, dans ce travail de la pensée qui nous permet de définir les objectifs communs : puisque nous subissons l’oligarchie qui vise ses intérêts particuliers, il faut rétablir le gouvernement selon l’intérêt général – la République. La trahison des élites ouvre une crise politique décisive : les dirigeants de droite et de gauche ont perdu toute légitimité ; il faut par conséquent renvoyer dans leurs foyers ceux qui violent quotidiennement la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Constitution de 1958.

Cet objectif révolutionnaire implique une stratégie qui se déploie depuis plusieurs années. Le point faible de l’oligarchie est ce qu’elle défend avec obstination : l’euro. Lire la suite

Quand la mauvaise foi remplace l’économie:le PCF et le mythe de “l’autre euro”

Par Jacques Sapir le 16 juin 2013

Economie et politique

La revue « officielle » du PCF sur l’économie,Economie et Politique vient de publier un article d’une rare nullité sur la question de l’Euro. Il ne vaudrait pas la peine d’être cité s’il ne contenait de telles erreurs qu’il en devient un bon exemple d’un discours d’aplatissement complet devant Bruxelles et la BCE. Cet article, sans les citer, se veut une « réponse » aux différentes notes qui ont été publiées sur le carnet « RussEurope ». C’est une deuxième raison de l’analyser.

Il commence tout d’abord par une affirmation :

«Le commerce extérieur de la France, souffre d’un déficit annuel de 60 à 70 milliards d’euros. Le retour au Franc, qui se ferait alors au prix d’une dévaluation de l’ordre de 25 % par rapport à l’euro, entraînerait automatiquement un enchérissement du même ordre du coût de nos importations. »

Visiblement les auteurs de cet article qui se prétendent économistes semblent manifestement ignorer la notion d’élasticité-prix qui est pourtant fondamentale dès que l’on parle de dévaluation ou de réévaluation d’une monnaie. Cela signifie que, sauf pour les produits pour lesquels il n’existe pas de substituts directs ou indirects, une hausse des prix (dans le cas d’une dévaluation) va provoquer un changement plus ou moins importants des quantités importées. Ce changement s’explique par le fait que les consommateurs vont se tourner soit vers le même produits, mais fabriqué en France, soit vont se tourner vers des produits légèrement différents dont le coût est moindre mais dont l’usage procure une satisfaction équivalente, ce que l’on appelle l’effet de substitution. La hausse des prix ne concerne pleinement QUE les produits considérés comme non-substituables (par exemple les carburants). Cependant, là, il faut savoir que le prix à l’importation (hors taxes) ne représente que 25% du prix du produit. Donc, une dévaluation de 25% n’augmentera d’un quart que le quart du prix, soit de 6,25%. Par ailleurs, ces produits non-substituables ne représentent qu’environ 30% de nos importations. Croyez vous que l’on trouvera de tels chiffres dans l’article ? Que nenni ! Messieurs les économistes du PCF sont bien au-dessus de ces considérations qui leurs semblent terre à terre. Lire la suite

Mélenchon: l’Euro et l’outrance

29 mars 2013 Par 

Jean-Luc Mélenchon, au lendemain du Congrès du Parti de Gauche, et de la mauvaise polémique lancée contre lui à la suite de ses déclarations sur le Ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, a accordé une interview à « Direct Matin ». Il y précise un certain nombre de choses, et en particulier prend position sur l’Euro à la suite de l’accord trouvé sur Chypre. Force est de constater que ses déclarations, derrière des effets de manche, ne vont pas dans le bon sens et ne peuvent qu’accroître la confusion qui règne dans une partie de la gauche sur la monnaie unique.

Une attitude mensongère.

Reprenons donc ses propos :

Lors de notre congrès, euro. Le doute est là. Mais si nous renonçons à l’euro, on entre dans le plan de Merkel qui veut expulser l’Europe du Sud après l’avoir détruite. Il faut de la fermeté dans nos décisions en rappelant, qu’en Europe, aucune décision ne peut être prise sans la France.. Nous ne sommes pas à la ramasse, nous sommes la deuxième économie du continent.Nous disposons de moyens d’action si nous avons le courage politique.

Passons rapidement sur la rodomontade sur laquelle se conclut cette citation. L’allusion à un plan de l’Allemagne, et de Mme Merkel, visant à une «expulsion » des pays de l’Europe du Sud de l’Euro est un contresens complet sur la position réelle adoptée outre-rhin. L’Allemagne, on le sait, est le pays qui tire, et de loin, les plus gros avantages de la zone Euro. Cette dernière explique environ 3% du PIB annuel de ce pays. Comment un pays qui profite autant d’une zone monétaire voudrait-elle en expulser d’autres ? Il faudrait alors en déduire que les dirigeant allemands sont masochistes. La réalité est bien plus simple. L’Allemagne est prise dans la contradiction suivante : elle profite largement de la zone Euro, qui empêche les autres pays de réajuster leur compétitivité par rapport à elle, mais elle ne veut pas faire les sacrifices qu’imposerait un réel fédéralisme budgétaire au niveau de la zone Euro. Le coût de ce fédéralisme a été calculé[1]. Pour assurer la simple survie des quatre pays de l’Europe du Sud, et permettre à leurs économies de se mettre au niveau de l’Allemagne, il faudrait dépenser 257,7 milliards d’Euros par an. L’Allemagne supporterait, quant à elle, très probablement 90% du financement de cette somme, soit entre 220 et 232 milliards d’euros par an soit entre 8% et 9% de son PIB. Elle devrait maintenir cette contribution pour une période d’au moins 8 à 10 ans. D’autres estimations font apparaître des montants qui sont même plus élevés[2]. On comprend, alors, le refus intransigeant des dirigeants allemands d’accepter quoi qui pourrait engager leur pays dans la voie d’une union de transferts. Lire la suite

Chypre: le contrôle des changes conduit à l’instauration de fait de deux « euros »

Jacques Sapir, “Chypre: bilan d’étape”, billet publié sur le carnet Russeurope le 27/03/2013, http://russeurope.hypotheses.org/1089

L’accord finalement signé entre le gouvernement chypriote et la Troïka aux premières heures du 25 mars est, en apparence, un progrès sur celui, rejeté par la Parlement de Chypre, qui avait été signé le 16 mars. La première, et la plus importante, des différences est que les dépôts de moins de 100 000 euros ne seront pas touchés. Mais, cet accord ne fait que confirmer des choses que nous savions déjà : il correspond à la mainmise de l’Allemagne sur l’ensemble du processus de sauvetage. Surtout, il établit un très dangereux précédent. Au-delà, l’application de cet accord va rencontrer de nombreuses difficultés. Compte tenu de l’évasion des capitaux qui a eu lieu entre le 16 et le 25 mars, il faudra taxer les comptes de plus de 100 000 euros à plus de 80% (et non 30% comme initialement annoncé). Cet accord est lourd de menaces pour l’ensemble de la zone Euro, mais surtout pour Chypre, qu’il condamne de facto à un appauvrissement considérable.

La victoire à la Pyrrhus de l’Allemagne

Cet accord montre le triomphe de la stratégie allemande. L’Allemagne est dans la contradiction suivante : elle entend conserver la zone Euro, dont elle tire le plus grand profit, mais elle entend la conserver au moindre coût pour elle. D’où l’idée de faire contribuer, en cas de restructuration bancaire non pas les seuls actionnaires (ce qui serait normal) mais aussi tout ou partie des déposants. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne s’est montrée inflexible dans la négociation. Elle a donc obtenu qu’une large part de la contribution aux sommes nécessaires (5,8 milliards sur les 17,5 milliards) proviennent de la « tonte » des déposants. Elle peut donc continuer sa politique selon laquelle une crise doit être payée avant tout par le pays qui la subit. On peut remarquer que cette politique est très proche, dans son principe, de celle que le Royaume-Uni mit en place par rapport à l’Irlande lors de la famine de 1847. Ici encore, on prétendait que les secours devaient être majoritairement payés par les Irlandais. On sait ce qu’il en advint1. Il est d‘ailleurs inouï qu’un ministre français, Pierre Moscovici pour ne pas le nommer, ait donné son consentement à cette stratégie. Mais cette stratégie pourrait s’avérer contre-productive dans un délai relativement court. En effet, la déclaration plus que maladroite du président de l’Eurogroupe affirmant que ce qui fut fait à Chypre servirait de modèle pour traiter d’autres crises a déclenché le lundi 25 mars une émotion bien compréhensible sur les marchés financiers. Même si cette déclaration a été ensuite démentie, même si de nombreuses autorités, comme François Hollande en France, ont insisté sur le caractère « particulier » de la situation chypriote et la nature « exceptionnelle » des mesures prises, le mal est fait. Désormais, à chaque nouvelle crise, l’inquiétude d’être traités comme les Chypriotes s’emparera des peuples, ce qui rendra toujours plus difficile la recherche d’une solution. En imposant leur lourde main de fer, les Allemands ont durablement compromis ce qui restait de confiance dans les systèmes bancaires de la zone Euro.

Deux Euros?

De plus, Chypre, pour tenter d’éviter une fuite massive des capitaux, devra instaurer des contrôles de capitaux, qui sont théoriquement proscrits au sein de la zone Euro. Cette dernière en est donc à accepter le principe de mesures qu’elle avait toujours refusé, car niant en réalité les avantages de la monnaie unique. Ce n’est pas le moindre paradoxe de cette crise. Lire la suite