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Tout le monde il est gentil, tout le monde il est Charlie

alain de benoist

par Alain de Benoist 

Près de quatre millions de personnes qui défilent, après les attentats, pour un journal qui vendait péniblement à 30.000 exemplaires, c’est en soi un évènement: Grand moment de communion nationale ou psychose collective ?

Les manifestations auraient eu du sens si elles s’étaient bornées à exprimer de façon solennelle le refus du terrorisme par le peuple français. Organisées par le gouvernement et les partis politiques, elles se sont transformées en une immense vague d’identification victimaire symbolisée par le slogan « Je suis Charlie », promu de manière orwellienne nouveau mot d’ordre « républicain ». Dès lors, il ne s’agissait plus tant de condamner des attentats et des assassinats que de s’identifier aux « valeurs » de Charlie Hebdo, c’est-à-dire à la culture du blasphème et de la dérision.

Durant la manifestation et les jours qui ont suivi, dans une France plongée en état d’apesanteur et noyée dans la moraline, on aura tout vu. Les cloches de Notre-Dame de Paris sonnant le glas pour les bouffeurs de curé. L’« union nationale » sans le Front national. La « liberté d’expression » réduite au droit au blasphème et s’arrêtant à Dieudonné. Celle des caricaturistes dépendant de la personne visée (Mahomet en train de sodomiser un porc : tellement drôle ! Christiane Taubira en guenon : intolérable !). Des bataillons de chefs d’État (deux fois le G20 !) chantant les louanges d’un titre dont ils n’avaient jamais entendu parler huit jours plus tôt. Des millions de zombies se ruant dans les kiosques pour acheter, tel le dernier smartphone, un journal qu’ils n’avaient jamais eu la curiosité d’ouvrir depuis vingt ans. Le badge « Je suis Charlie » succédant au ruban pour le SIDA et à la petite main de « Touche pas à mon pote ». Spectacle surréaliste ! Tout le monde il est gentil, tout le monde il estCharlie, dans le grand hospice occidental transformé en bisounurserie. Les rédacteurs de Charlie Hebdo, qui se voulaient tout sauf « consensuels », auraient été les premiers stupéfaits de se voir ainsi canonisés. Quant aux djihadistes, ils ont dû bien rigoler : un défilé des moutons n’a jamais impressionné les loups. Lire la suite

Si je suis Charlie, je suis aussi Libyen, Syrien, Irakien …

En ce début d’année nos pensées se tournent vers les familles des victimes de l’attentat de ce 7 janvier à Paris.

Si beaucoup de français découvrent avec effroi la réalité du terrorisme islamique sur notre sol  les populations  libyenne, syrienne, et irakienne le vivent au quotidien depuis des années sans que cela n’émeuve grand monde…

Depuis la réintégration de la France dans l’OTAN en 2007 nous n’avons plus de politique étrangère équilibrée et indépendante, nos gouvernements se sont docilement alignés sur la politique atlantiste.

Nous avons créé, favorisé et valorisé ce terrorisme, en détruisant la Libye et en l’utilisant contre le régime syrien. Même si ces fanatiques sont à l’origine une création américano-qatari- saoudienne, ils deviennent incontrôlables et leur djihad ne se limite pas au Moyen-Orient !

L’appel à « l’Union Nationale » est un piège pour tenter de faire oublier la responsabilité écrasante que portent nos dirigeants politiques de droite et de gauche dans cette situation tragique.

Il me semble préférable de lancer un appel sous forme de vœu pour que 2015 sonne le réveil des consciences politiques et de la lucidité! Car nous aurons besoin de sang-froid afin de ne pas sombrer dans l’amalgame qui nous conduirait au choc des civilisations.

Thierry Delbos