Meeting CNR-RUE du 7 février 2015

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par Thierry DELBOS, signataire de l’appel à la création du CNR RUE

Dès l’acte unique de 1986 la construction européenne imposa son choix d’économie ultralibérale; Maastricht en 1992 confirma le caractère fédéraliste jusque-là dissimulé aux peuples, Lisbonne en 2007 sa nature anti démocratique. Il est clair que les USA sont à la fois maître d’œuvre et maître d’ouvrage  de cette construction initiée dès 1945 pour fixer les nations européennes dans un glacis atlantiste dont le parachèvement est le TAFTA !

Mon engagement contre cette construction européenne est de longue date. Conforme en ce sens à mon engagement politique guidé depuis toujours par deux grands esprits, patriotes, courageux, intègres  et visionnaires, je veux bien entendu parler de Jean Jaurès et du Général De Gaulle. On peut me classer dans la catégorie des « gaullistes sociaux ».

1-Retour sur l’élection européenne du 25 mai 2014

« L’abstention est en recul, c’est une victoire pour l’UE ! » ainsi titrait BFTV au soir de l’élection.

Certes l’abstention était en recul de 3 points par rapport à 2009, on pouvait donc en déduire « à chaud » que la campagne de boycott avait été un échec …mais certainement pas un signe d’un retour en grâce de la construction européenne !

Alors comment expliquer ce fléchissement ?

-Le vote FN défouloir de nombreuses exaspérations dans une élection sans enjeu de pouvoir

-La menace brandie de l’adoption du TAFTA par le PE (nouvelles compétences)

-La reconnaissance du  vote blanc que certains « légalistes » ont voulu tester (quand même 2%)

- La participation de partis dits « patriotes » soit pour percer médiatiquement, soit pour compter leur force

-pour ces raisons la dynamique du boycott s’est trouvée effectivement bien limitée…

Quel  bilan tirer de cette séquence électorale?

L’abstention reste largement majoritaire ; certes elle comporte une frange de citoyens « passifs » mais elle traduit aussi pour une bonne part, faute d’alternative crédible, lassitude et rejet du système politique actuels. Et c’est bien là que réside à la fois espoir et défi.

Cette fraction du peuple en sommeil attend (peut-être) un signal fort pour sortir de sa léthargie.

Le boycott aurait dû être ce signal si tous les partisans de la reconquête de nos souverainetés avaient été animés d’un réel désir de libération nationale !

Alors visibilité et gain électoral des  « eurosceptiques » ayant participé à cette élection sont-ils au rdv ? La réponse est non, confirmée de scrutin en scrutin, voir le résultat du 1er tour du scrutin de la dernière législative partielle du Doubs. Ils en sortent  affaiblis, marginalisés, voire pour certains  confondus avec le FN qui est seul gagnant !

Est-ce que les eurodéputés eurosceptiques français sont en mesure de mettre en échec  l’adoption du TAFTA ? La réponse est bien évidemment non (même à 74)!

Participer à cette élection revenait à cautionner  l’UE et n’a pas permis un large rassemblement des «patriotes» bien au contraire,  au final une faute politique…

Ce bilan rapide confirme la justesse de l’appel au boycott, acte politique, qui permettait de respecter le NON du peuple français de 2005 et d’afficher une position sans ambiguïté de sortie de l’UE, de l’OTAN,  de l’euro !

2-Quelles sont les forces et les perspectives de la résistance à l’UE?

1-Au plan national.

D’après un sondage Institut CSA/BFMTV/Groupe Nice-Matin de mai 2014, les français sont de moins en moins favorables à l’UE: 51% contre 67% en 2004 !

Les « européistes » de tous bords souhaitent tous plus d’Europe et forme d’ores et déjà un front fédéraliste !

Alors que les « eurosceptiques /europhobes » n’ont pas tous les mêmes intentions vis-à-vis de  l’UE  et de l’euro : « de mieux à pas du tout, en passant par moins d’UE» !

La résistance à l’UE se trouve donc éparpillée à travers des mouvements, associations, blogs, groupes, cercles,  individualités qui utilisent l’Internet et les réseaux sociaux comme moyen de sa propagande…

La difficulté réside dans le fait de rassembler toutes ses volontés pour créer les conditions d’une victoire électorale aux législatives car c’est là que le pouvoir se prend ! Certes tout programme politique ne peut se contenter d’afficher la triple sortie et chacun a sa vision de la société post-unioniste.

Jean Luc Mélanchon  a beau rêver d’un succès façon SYRIZA, la dynamique politique reste toujours favorable à Marine Le Pen, qui au risque de déconcerter ses partisans les plus extrémistes, a osé dire « Oui, nous espérons la victoire de SYRIZA » et à l’annonce des résultats qu’elle « se réjouit de la gifle démocratique monstrueuse que le peuple grec vient d’administrer à l’Union européenne »

2-Sur le plan européen

La victoire de SYRISA (qualifiée “d’accident qui n’arrivera pas”, d’après une phrase maintes fois répétée par Antonis Samaras) en Grèce ouvre une perspective plutôt encourageante pour les patriotes.

Mais si le peuple grec, en élisant majoritairement SYRIZA,  a voté pour l’arrêt de l’austérité, le rejet d’une classe politique complice de la troïka et pour un retour à la souveraineté nationale, les intentions affichées de SYRIZA sont pourtant de rester dans l’euro et dans l’UE…

Alors cette posture  permettra-t-elle de répondre à l’espoir qui s’est levé ? L’alliance avec ANEL va-t-elle créer un précèdent en Europe ? Il est vrai que Tsipras a des moyens de pression, faire valoir que la dette que l’Allemagne n’a jamais remboursée à la Grèce… (L’arroseur arrosé) et jouer un rapprochement avec Russie…

Si tous les peuples européens regardent attentivement la Grèce car ils attendent eux-aussi de se libérer du carcan de l’UE qui bafoue la démocratie, ruine les classes populaires et pousse à la guerre, je crois qu’il ne faut pas trop espérer qu’une dissolution de l’UE soit provoquée par la seule Grèce …

3-Quel rôle doit jouer le CNR RUE?

D’abord le CNR-RUE tire son originalité du fait qu’il est la rencontre de personnes qui n’avaient pas vraiment de lien avant de se retrouver sur une même tribune pour exprimer la même récusation de l’UE !

La campagne d’appel au boycott de l’élection européenne de mai 2014 prouve qu’un objectif « de libération nationale » peut rassembler les patriotes progressistes au-delà de leurs sensibilités,  histoires et parcours !

Le CNR RUE n’est  pas une réunion fermée de partis ou mouvements et n’a pas de but électoral ; il se conçoit au contraire comme un espace ouvert à tout citoyen attaché à l’indépendance nationale et à la souveraineté populaire.

Alors oui je pense que le CNR RUE permet de constituer « le pôle de résistance » où pourront se retrouver tous celles et ceux  qui ne capitulent pas face à l’euro dictature, afin d’initier, de relayer, d’amplifier toutes les actions qui ont pour objectifs de saper l’UE.

Cette année 2015 ne manquera pas d’occasions de montrer que la résistance à l’UE existe, s’organise et s’amplifie:

-commémorer le 10éme anniversaire du NON au TCE,

- donner une dimension européenne  à la résistance contre l’UE, pour que ce « printemps grec » qui s’annonce irradie tout l’espace européen

-dénoncer  le TAFTA comme le nouvel avatar de l’UE, qui sonnerait la soumission totale des Etats aux multinationales américaines

seront autant de sujets pour permettre de développer la dynamique du CNR RUE !

3 réflexions au sujet de « Meeting CNR-RUE du 7 février 2015 »

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