La « Cultural Exception » et le « Speak White »

par l’A.FR.AV association Francophonie Avenir

Il se joue actuellement, dans notre dos, le sort de l’indépendance linguistique de la France et de l’Europe. En effet, sans trop savoir qui en est à l’origine, mais certainement pas les peuples d’Europe, il s’est lancé l’idée, qu’au niveau européen, il fallait créer une sorte de marché commun avec les États-Unis d’Amérique (Accord transatlantique UE-ÉUA).

Il va de soi que si l’Europe entrait dans un tel marché, il en serait fini de son indépendance politique, économique, culturelle et linguistique.

En ce qui concerne le volet linguistique, il ne faut pas être sorti de l’école de Saint-Cyr pour comprendre que s’unir avec près de 300 millions d’anglophones, c’est s’assurer pour demain que nos nuits et nos jours se feront en anglais, puisque cette langue sera alors largement majoritaire dans le nouvel ensemble et que, dans les faits, elle deviendra OBLIGATOIRE pour tous, et partout. Comment en serait-il d’ailleurs autrement, alors que c’est déjà plus ou moins le cas actuellement dans l’UE, où  pourtant, ce sont les langues allemande et française qui sont majoritaires en terme de locuteurs, par rapport à l’anglais  ? Dans la perspective d’un marché commun avec les États-Unis d’Amérique, comment nos politiciens nous protégeraient-ils de l’anglicisation, alors qu’aujourd’hui, au niveau européen, ils n’en sont pas capables ?

Il est fort à parier que les réunions pour discuter de l’accord transatlantique se feront exclusivement en anglais, comme ici, par exemple, où pourtant sur les 3 personnages (Van Rompuy, Obama, Baroso), 2 parlent français !

De toute façon, à l’image de John Kerry, Mitt Romney, même lorsqu’un  Étatsunien parle le français, il est recommandé, pour lui, d’éviter de le parler en public ou dans une réunion officielle.

Nos politiciens veulent  faire passer la pilule de notre future assimilation au monde anglo-américain, en nous disant qu’ils mettront leur droit de véto à cet accord, si l’exception culturelle n’est pas exclue des négociations.

Il est triste de le dire, mais une fois encore, nos politiciens se trompent. Ils se trompent soit par bêtise, soit par ignorance, soit par manipulation, soit par manque de vision politique, soit qu’ils se sont fait acheter, consciemment ou non, par les maîtres de Davos, de Bilderberg, de la Trilatérale, de la NSA ou d’un autre machin de l’anglosphère, mais ils se trompent, car dans cet accord, s’il fallait le négocier, c’est plus le droit aux langues d’exister par rapport à l’anglo-américain qu’il faudrait défendre, que l’exception culturelle elle même.

Oui, il faudrait soulever le question linguistique et défendre, pour ce qui concerne la France, la langue française. Défendre la langue française, pour nous Français, car pourquoi parler seulement de l’exception culturelle, si rien n’est fait, par ailleurs, pour permettre à nos artistes de vivre de leur art en français et non en anglais ? Aujourd’hui, déjà, un bon nombre de jeunes chanteurs français chantent en anglais et il n’est pas rare de voir certains de nos comédiens tourner dans cette langue dans des séries télévisées issues de coproductions européennes (voir actuellement, pour exemple, Jean Reno, dans « Jo », une série européenne tournée en anglais à Paris ! Voir aussi, Marc Lavoine speaker l’anglais dans « Crossing Lines », une autre série européenne). Bref, si l’exception culturelle, en France, devient synonyme d’artistes français s’exprimant en anglo-américain, en singeant, qui plus est, ce qui se fait à Hollywood, à quoi bon se battre alors pour le maintien d’une telle exception ? À moins qu’il ne s’agisse là encore d’une stratégie, une stratégie pour nous endormir, une stratégie qui consisterait à laisser s’ouvrir grand les vannes de l’anglicisation tout en nous faisant croire que nous n’avons rien à craindre de l’américanisation puisque la France a obtenu que l’on respecte la fameuse  « exception culturelle » !

Oui, il faudrait soulever le problème linguistique et défendre la langue française, car c’est le droit à la diversité que nous défendrions,c’est l’uniformisation et la standardisation que nous refuserions et, par là même, c’est la dictature de la pensée unique que nous combattrions.

Oui, il faudrait soulever le problème linguistique et défendre la langue française, car, avec la langue française, notamment, c’est aussi une conception de la société que l’on défendrait, une société humaniste, démocratique et sociale issue des valeurs gréco-latines et du droit romain, et non, avec le seul anglais, une société à caractère anglo-saxon où la violence de l’ultralibéralisme économique règne en maître absolu et où le droit est façonné à grands coups de jurisprudences que de grands cabinets d’avocats à la solde des multinationales sont chargés de gagner pour elles.

Hélas, nos politiciens n’aborderont pas ce sujet, ils préféreront parler d’exception culturelle, c’est plus simple, c’est moins polémique, ça passe mieux dans les médias, mais ne parleront pas du volet linguistique de l’Union UE-ÉUA, ni surtout pas de la langue française. Comment d’ailleurs défendraient-ils le plurilinguisme et la langue française dans ces négociations, alors qu’ils ont tous été d’accord, ou presque, pour mettre l’anglais obligatoire dans nos écoles dès le CP,  c’est-à-dire dès l’âge de 7 ans pour nos enfants et qu’ils ont voté à une très large majorité l’article II du projet de loi sur l’enseignement Supérieur de la ministre Fioraso, consistant à légaliser l’enseignement EN anglais dans nos universités et grandes écoles ?

En vérité, ils nous préparent depuis des années à cette union avec les États-Unis d’Amérique. En effet, Nicolas Sarkozy ne voulait-il pas déjà en 2007, faire de la France un pays bilingue français-anglais, et ses ministres Darcos, Chatel et Pécresse n’ont-ils pas préparé le terrain aux ministres socialistes Peillon et Fioraso pour qu’ils puissent, comme une lettre à la poste, implanter l’anglais obligatoire partout dans nos écoles ?

Comme on peut le constater, nos politiciens se servent du concept de l’ « exception culturelle » comme d’un paravent, un paravent pour que les angliciseurs puissent angliciser sans être gênés, pour que les « Collabos de la pub et du fric» puissent assassiner la langue française en toute impunité. Ce que nos politiciens n’ont pas compris, ou font semblant de ne pas comprendre, c’est qu’il ne peut pas y avoir d’exception culturelle, ni même de France, sur le cadavre même de la langue française.

Pour conclure, et pour proposer quelque chose de positif à nos pauvres politiciens sans idées pour la France et pour le monde, permettons-nous de leur dire qu’au lieu de se perdre, et de nous perdre, dans une hypothétique union transatlantique, ils feraient mieux de s’intéresser à une union avec les pays francophones. Mais la Francophonie est ignorée, pourquoi ? Pourquoi, alors qu’elle pourrait être pour nous une extraordinaire ouverture au monde et l’occasion, ce faisant, de lui délivrer un bien meilleur message de paix, que notre enfermement dans l’ « axe du bien », si cher à Georges Doublevé Bush, un ex-président des États-Unis d’Amérique, guerrier sanguinaire de son état, qui sous un faux prétexte a réduit à feux et à sang un grand pays comme l’Irak  ? Une union avec les pays francophones donc, qui nous permettrait d’envisager l’avenir, pour nous et pour nos enfants, en français et non en anglais, car d’ici 2050, selon un sondage de l’UNESCO, les francophones du monde devraient représenter plus de 750 millions de locuteurs, c’est-à-dire près de 10% de la population mondiale. Ce n’est pas rien. La langue française sera alors une langue africaine, majoritairement parlée par des Noirs. Serait-ce alors pour cela que nos zélites, nos intellectuels, nos artistes, nos politiciens sont nombreux à préférer, à cette langue en devenir, la langue des WASP, adeptes du « Speak White », notamment ?

Osons penser que non, et ayons la force de les convaincre que cultiver le jardin de la Francophonie est bien mieux pour nous et pour nos intérêts que d’aller se perdre dans les étoiles jaunes et blanches de l’Europaméricanie où la finalité programmée pour nous est de disparaître, absorbés par le trou noir de l’anglosphère.

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