Vers un clivage conservatisme vs progressisme

Ce que je peux faire, ce n’est pas ce que me dit un homme de loi ; mais ce que l’humanité, la raison et la justice me disent que je devrais faire

En France, le  « conservatisme » naît en réaction aux excès de la révolution : il s’oppose au « libéralisme » qui s’attache à limiter les pouvoirs du Roi, à rendre le peuple souverain, à instaurer la  démocratie et la liberté.

C’est  ainsi qu’apparaît le clivage gauche/droite du fait d’un positionnement spatial dans l’Assemblée nationale, des libéraux à gauche et des conservateurs à droite ! Le libéralisme est donc au départ une idée dite de gauche…

Mais de nos jours la classe politique entière revendique les « valeurs » de la République et de la démocratie, et le clivage ancien gauche /droite n’est plus vraiment opérant pour répondre aux enjeux du 21éme siècle.

Le clivage conservatisme vs progressisme est plus pertinent pour définir les nouvelles forces qui structurent le champ politique.

Le progressisme est en fait un néolibéralisme qui entend,  au prétexte de modernité mais au service du mondialisme,  abolir les frontières, détruire les cultures humaines, détourner et transgresser les lois naturelles ;  sa devise est «  La guerre  c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force »…

Par essence, le conservatisme est multiple, n’a pas de dimension internationale et n’est pas une idéologie mais une philosophie, un mode de vie. Il tire du passé et de la tradition une source de légitimité et de sagesse, et croit seulement en un changement limité de ce qui est naturel ou organique.

Ainsi, le conservatisme change de contenu relativement à l’époque mais se définit encore, en ce début de 21éme siècle, en réaction à une nouvelle idéologie !

Il promeut  la Nation cadre privilégié de l’exercice démocratique et la mise en œuvre des nécessaires solidarités, il souhaite la préservation de l’héritage et d’une culture, la garantie des libertés politiques et individuelles, le respect de la dignité Humaine et vivre en harmonie avec la Nature.

Les syndicats, les partis de « gauche » qui défendent  l’Etat providence et  les acquis du CNR ne se placent-ils pas dans une posture conservatrice ?

Les associations, partis qui dénoncent la censure médiatique, le recul des libertés publiques et individuelles ne se placent-ils pas dans une posture conservatrice ?

Les écologistes qui revendiquent le retour à une économie locale et la protection de l’environnement contre les excès industriels ne se placent-ils pas dans une posture conservatrice ?

Oui nous sommes tous à un moment, dans un certain domaine, des conservateurs  façon  Mr Jourdain!

Mais si le camp progressiste fait bloc, le camp des conservateurs reste diffus et désuni !

Il est temps que les hommes et les femmes revendiquant leur patriotisme face aux communautarismes,  leur souverainisme face au mondialisme , la justice sociale face à la finance,  la dignité humaine face au transhumanisme, ne se trompent plus de combat et se rassemblent sous la bannière du conservatisme pour espérer défaire le progressisme !