Archives mensuelles : septembre 2019

Lettre ouverte aux partisans de la « PMA pour toutes »

Yves TEXIER Maître de conférences émérite

1- Égalité et justice ; la non-discrimination

Il est manifestement trop tard, et la partie est désormais perdue d’avance ; mais ce n’est pas une raison pour capituler. Perdue : parce que vous détenez le pouvoir, ou que vous êtes du côté du pouvoir. Mais ce qui fait votre force n’est pas pour autant la justice ; car vous ne vous réclamez pas de la justice, mais de l’égalité, ce qui n’est pas et n’a jamais été la même chose. L’égalité ? Vous êtes en effet obsédés par le principe de non-discrimination. Mais, le Conseil d’État l’a récemment rappelé, il n’y a pas de discrimination quand les situations ne sont pas comparables. Et la situation des couples lesbiens ou des femmes célibataires n’est pas semblable à la situation des couples que vous vous obstinez à appeler « hétéro-sexuels » – comme si le sexe n’était pas « hétéro » par nature et par définition, puisque c’est cette différence-là qui détermine la reproduction dans notre espèce et dans la plupart des autres espèces vivantes.

2- Morale et éthique : liberté, autonomie, émancipation

Il est vrai que vous ne voulez plus entendre parler de « nature », parce que votre conception de l’autonomie s’y oppose, et que vous ne supportez pas que la liberté individuelle soit limitée par un quelconque ordre naturel. Et de fait, si l’émancipation individuelle est de tous côtés votre horizon indépassable, elle n’a pas plus de borne que l’horizon lui-même, qui s’éloigne à mesure qu’on s’en rapproche. C’est pour cette raison que vous ne parlez pas de morale, mais d’éthique ; comme si les deux mots ne disaient pas fondamentalement la même chose, le premier en latin, le second en grec. Et de fait, comment parler de morale quand toute idée de norme objective ou de règle commune est récusée ? Vous n’en situez pas moins votre projet de loi dans le cadre d’une révision des lois de bioéthique. Mais que reste-t-il d’éthique en la matière ? Autant dire : à peu près rien ; et cela est devenu évident quand le Président du Comité Consultatif National d’Éthique a déclaré, voici quelques mois, qu’il ne s’agissait pas pour lui de dire ce qui était bon ou mauvais, ni où était le bien, où le mal, puisqu’il n’y avait pas de consensus possible sur ce sujet ; ce qui était se défausser avant toute contestation.

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Conférence de Jean Frédéric POISSON: L’Islam à la conquête de l’Occident

Invité à Clermont-Ferrand ce 12 septembre 2019 par l’association « Valeurs de France », Jean-Frédéric Poisson y a tenu une conférence-débat sur son dernier livre, l’Islam à la conquête de l’Occident.

Celui qui est l’un des rares parlementaires de la précédente législature à avoir eu le courage d’aborder la situation au Moyen Orient, et notamment en Syrie, l’a fait sans se soumettre au prisme des médias. Ce sont les rencontres politiques, religieuses, associatives, faites au cours de ses voyages autour de la Méditerranée, qui lui ont permis d’acquérir une connaissance éclairée de cette région du monde.

Auteur d’un premier ouvrage intitulé Notre sang vaut moins cher que leur pétrole, publié en 2016, il est corédacteur, la même année, d’un rapport parlementaire sur les moyens et le financement de Daech. C’est lors de ce travail d’enquête qu’il découvre l’existence d’un document émanant de l’ISESCO, organe de l’OCI (Organisation de Coopération Islamique, regroupant 57 états, véritable ONU des pays islamiques). Intitulé  « Stratégie de l’action culturelle islamique à l’extérieur du monde islamique », ce document officiel, datant de 2000, est ignoré du  grand public, et pour cause : il n’est jamais commenté ni même évoqué par le monde politique ou médiatique. Or il ne fait rien moins que décliner la stratégie nécessaire « pour installer, à la place de la société occidentale déclinante, une société de substitution, l’Islam, seule susceptible de rendre les hommes heureux ».

Sans se livrer à des élucubrations, le nouvel ouvrage de Jean-Frédéric Poisson fait l’exégèse du document de l’ISESCO, et dévoile comment les actions déployées, du financement des mosquées à  l’apprentissage de l’arabe, n’ont qu’un seul but : renforcer le communautarisme musulman en Occident et plus particulièrement en France. 

Indéniablement nous pouvons constater que cette stratégie a des résultats : c’est quotidiennement que les revendications communautaristes envahissent l’espace public. Alors que la France traverse une crise identitaire et culturelle sans précédent, et que selon les propres mots d’un ancien Président de la République « est en train de se produire la partition », ce livre est salutaire, pour bien comprendre ce qui est en jeu, pour ne plus « regarder le doigt du sage quand celui-ci montre la lune » !