Archives mensuelles : juillet 2014

L’ardente nécessité de « RE-FAIRE NATION »!

Le 27 juillet 1214, Philippe-Auguste roi de France remporta la bataille de Bouvines contre la coalition guerrière formée par l’Anglais Jean Sans Terre,  le Germain Othon IV,  le Comte des Flandres et  plusieurs féodaux français qui voulaient se dégager de la suzeraineté capétienne.

Philippe-Auguste eut la grande sagesse de laisser tomber la Croisade, dans laquelle il s’était engagé de mauvais gré, et de s’occuper de son pays au lieu de guerroyer en « Terre Sainte » ; et pour compenser son infériorité militaire, de s’allier aux « Communes »  de Paris à la Picardie, ce vaste mouvement populaire, dirigé par la bourgeoisie industrieuse, artisanale et commerçante des villes qui refusait la tutelle prédatrice des seigneurs féodaux.

Cette victoire consolida décisivement le Royaume capétien en écartant les prétentions germaniques, flamandes et anglaises sur notre sol et donna naissance à la « Nation française ».

En ce 800 ème anniversaire de Bouvines, revient, comme en d’autres périodes périlleuses de notre histoire, l’ardente nécessité de « Faire Nation » face aux défaiseurs de la France, européistes à la solde de cette UE en marche vers le Grand Marché Transatlantique inspiré par les nouvelles féodalités financières.

Œuvrons pour que les patriotes sincères puissent enfin se regrouper, au-delà de leur appartenance politiques, dans un Front patriotique et populaire afin que notre histoire continue et que nous puissions fructifier et transmettre son héritage !

 

 

 

TERRE DE PALESTINE : QUEL AVENIR ?

Par Paul Monmaur, universitaire retraité, Réflexion qui s’inscrit dans le cadre de la Journée de la Terre et du 64ème anniversaire de la tragédie palestinienne, le 12 mars 2012.

Pour fuir les pogroms de l’Europe de l’Est survenus dans le courant du 19ème siècle et au début du 20ème, de nombreux Juifs qui en sont les victimes vont émigrer. Les uns vers l’Europe occidentale et vers les Etats-Unis ; ils constituent le gros de l’émigration. D’autres vont s’installer, par vagues successives, en Palestine, optant ainsi pour le projet sioniste théorisé par Theodor Herzl vers 1896 qui prône la création d’un Etat juif pour les Juifs sur cette terre quoique d’autres pays d’accueil soient aussi évoqués. Leur nombre, modeste jusqu’à la Première Guerre mondiale (quelques dizaines de milliers de personnes représentant 8% de la population totale de la Palestine) ne cesse de croître ensuite. Ces pionniers qui comptent dans leur rang David Ben Gourion, une figure emblématique du sionisme, vont former le noyau du futur Etat d’Israël. Lire la suite

Bachar Al-Assad digne successeur des Nasser et Mossadegh!

Texte intégral du Discours d’investiture du Président Bachar al-Assad

Traduction : Mouna Alno-Nakhal

Damas / Syrie , le 16 juillet 2014

Honorables Syriens, honorable peuple libre et révolutionnaire, il y a maintenant trois ans et quatre mois que certains ont décrété en votre nom : « le peuple exige ! ».
OUI… le peuple a exigé, le peuple a décidé, et le peuple a exécuté !

Citoyens syriens, mes frères et sœurs, voilà des années que certains crient après la liberté, mais voici que vous vous êtes révélés « libres » en une époque de suivisme et « souverains » en une époque de complaisance servile.

Ils ont surenchéri sur la démocratie, mais vous l’avez exercée de la manière la plus noble qui soit. Vous avez refusé qu’un étranger ne se mêle de diriger la patrie. Vous avez choisi votre Constitution, votre Parlement, et votre Président, de telle sorte que la décision est vôtre et que la démocratie est de votre fait.

Ils n’ont fait que dire « le peuple syrien est un », mais vous vous êtes dressés face à leur ouragan de discorde et avez empêché les vents de la partition d’atteindre vos cœurs et vos esprits, prouvant en cela que vous êtes réellement un seul peuple qui bat d’un seul cœur. Lire la suite

La souveraineté ne se décline pas en une souveraineté « de droite » ou « de gauche »

Gauche, droite et souveraineté

Par Jacques Sapir 4 juillet 2014
Dans Les Six Livres de la République, Jean Bodin élabore le concept clé de l’État moderne dont l’existence se définit par la souveraineté, dont l’attribut principal est la « puissance de donner et casser la loi ».

La souveraineté ne se décline pas, si l’on suit Jean Bodin, en une souveraineté « de droite » ou « de gauche ». Rappelons ses formules : c’est la souveraineté de la Nation dont il s’agit. Cette Nation peut s’incarner dans un homme ou dans un groupe d’hommes ; elle peut être représentée aussi bien par un Prince que par le Peuple. On voit qu’à ce niveau de généralité, la question de séparer la souveraineté entre « droite » et « gauche » perd toute signification.

Abus de langage…

Il ne faut pas se laisser abuser par les nombreuses formules qui, chez Bodin tout comme chez Machiavel, font référence au Prince. C’est le produit du contexte dans lequel a été produit ce concept. De plus, et cela est fort souvent le cas, le Prince signifie simplement « celui qui dirige ». Il est plus facile de trouver une différence si l’on regarde les formes de sacralisation de ce Prince. Mais, il faut savoir que l’on ne parle plus de la souveraineté. D’ailleurs, Bodin est très clair sur ce point. S’il souhaite, en Catholique, que celui qui incarnera la souveraineté de la Nation le soit aussi, il n’en fait nullement une condition. Il précise ainsi que le sacre de Reims n’est pas une condition à la légitimité ni à la souveraineté. C’est en cela que se trouve l’extraordinaire modernité de l’œuvre de Bodin. Son injonction de renvoie de la religion, et des signes de toute adhésion, à la sphère privée exclusivement a bien aujourd’hui une dimension fondatrice dans la société française, comme le montre l’arrêt concernant la crèche Baby-Loup. De ce point de vue, il est incontestable que l’interdiction (et en ce qui concerne le voile intégral il s’agit bien d’une interdiction) est le fondement même du vivre-ensemble.

Si l’on veut absolument introduire les notions de « droite » et « gauche » dans ce registre, c’est bien plus au niveau de la Nation que l’on peut le faire. Il y a clairement en France et ailleurs une tradition de la Nation transcendante. On connaît la formule de Charles de Gaulle parlant d’un pacte de près de deux mille ans entre la France et la liberté. La formule est certes belle, mais elle fait fi de l’histoire de la construction sociale et politique de la Nation. Reconnaître cette histoire, ce qui fut le fait des grands historiens du XIXè siècle, de Guizot à Michelet, ancre plutôt le concept de Nation à « gauche ». Lire la suite