Archives mensuelles : février 2014

Alors, on fait quoi ?

par Bertrand Renouvin le 12 février 2014

Le dernier éditorial se terminait par une adjuration - Ne laissons pas faire ceux qui ont trahi – qui a provoqué la question lapidaire d’une lectrice : « Alors, on fait quoi ? ». Mais qui, on ? Notre journal est lu par des militants de la Nouvelle Action royaliste et par des amis qui ne partagent pas notre conviction royaliste. L’ensemble forme un groupe de taille modeste mais cohérent. Nos amis ont compris que la NAR envisage la monarchie royale comme l’une des modalités de la République, autrement dit comme une institution qui permet, autant que possible, la réalisation du Bien commun.

C’est là un projet à très long terme, qui conserve son actualité. Les plus réservés de nos lecteurs savent que la symbolique monarchique et royale compte pour beaucoup dans la constitution de notre identité historique et constatent qu’elle inspire à la NAR une conception rigoureuse du Politique, qui s’affirme comme exercice pratique de la légitimité et de la souveraineté. Souveraineté nationale et souveraineté populaire, selon les principes communs. Légitimité que le pouvoir acquiert par inscription délibérée dans l’histoire nationale, par le consentement populaire, par le service rendu à la justice et à la liberté. Notre souci de la défense nationale, de l’équilibre du continent européen et du rôle de la France dans le monde procède de cette conception du Politique qui est l’œuvre, toujours enrichie, de chercheurs appartenant à diverses traditions. Cela signifie que la Nouvelle Action royaliste est tout le contraire d’une secte : elle ne cultive pas une mystique, elle n’a pas forgé une idéologie, elle reconnaît toutes ses dettes intellectuelles et c’est pourquoi elle peut agir en toute clarté avec ses amis dans ce parti des politiques qu’on peut tout aussi bien appeler parti patriote ou parti républicain.

Nous savons avec qui agir. Mais alors que fait-on ? Nous participons au réveil de la mémoire nationale, à la lutte contre l’ultralibéralisme, l’atlantisme et l’européisme, à l’élaboration du programme de la renaissance… Nous sommes, depuis longtemps, dans ce travail de la pensée qui nous permet de définir les objectifs communs : puisque nous subissons l’oligarchie qui vise ses intérêts particuliers, il faut rétablir le gouvernement selon l’intérêt général – la République. La trahison des élites ouvre une crise politique décisive : les dirigeants de droite et de gauche ont perdu toute légitimité ; il faut par conséquent renvoyer dans leurs foyers ceux qui violent quotidiennement la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Constitution de 1958.

Cet objectif révolutionnaire implique une stratégie qui se déploie depuis plusieurs années. Le point faible de l’oligarchie est ce qu’elle défend avec obstination : l’euro. Lire la suite

Marion Sigaut, « Russes errants sans terre promise » ou l’histoire d’un nouvel exil des juifs

Pour sa première conférence de l’année, le CPO a invité l’historienne Marion Sigaut et le philosophe Jacques Philarcheïn. Si le public du CPO connaît déjà ce premier, Marion Sigaut, dont c’est la première apparition en Auvergne, n’est plus à présenter. Sa contre-histoire des Lumières lui a fait gagner un public grandissant, captivé par son talent de conférencière et par la pertinence de son analyse, alliés à un remarquable sens  de la pédagogie qui tranchent avec la narration courante, d’inspiration républicaine, répandue dans les manuels d’histoire.

Le thème de la conférence clermontoise tourne autour de  la migration des juifs soviétiques en Israël (1980-1992), dont elle a observé, au cours des nombreux séjours effectués dans ce pays, les péripéties et la souffrance. Un livre a été consacré à ce phénomène peu connu : Russe errants sans Terre promise (L’Harmattan, 1994 ; KontreKulture, 2012). Un Témoignage dont il ressort que cette migration fut orchestrée pour répondre à des considérations géopolitiques, mises en évidence grâce à l’éclairage apporté tout au long de la conférence.

Jacques Philarcheïn  s’est plié de bonne grâce à la règle du jeu dans les conférences en tandem. Il a posé les questions qui ont permis à Marion Sigaut, par développements successifs, de nous faire comprendre les enjeux politiques et le cynisme qui ont présidé à un tel déplacement de population, devant lesquels les souffrances humaines ne sont que peccadilles.

Cependant, le mot de la fin lui est revenu, occasion de revenir à une thématique qui lui est chère, celle de l’homme-masse et de l’inversion des valeurs. Considérant enfin les frondes sociétales et autres du moment, il a prédit une rupture épistémologique dans la perception que la société française en ses diverses composantes a d’elle-même.

Ahmed Ghlamallah

Pourquoi stopper TAFTA?

Les bonnes raisons de stopper TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement)

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE : Nos normes plus strictes que les normes américaines et que les « normes internationales » (niveaux de pesticides, contamination bactérienne, additifs toxiques, OGM, hormones, etc.), pourraient être condamnées comme « barrières commerciales illégales ».

GAZ DE SCHISTE : Les gouvernements européens ne réglementeraient plus les exportations de gaz naturel vers les nations TAFTA. La fracturation hydraulique pourrait devenir un droit pour les sociétés qui pourraient exiger des dommages et  intérêts auprès des nations qui s’y opposent.

EMPLOI : Les entreprises souhaitant délocaliser dans les états concernés par le projet TAFTA où les salaires sont inférieurs, seraient protégées. L’Inspection et le code du travail devenant illégaux, plus de préavis de licenciement. Pôle emploi devrait être privatisé ou serait attaqué en justice par les sociétés d’intérim pour concurrence déloyale. Les conséquences du TAFTA sur le taux de chômage en Europe ne seraient que néfastes.

SANTÉ & RETRAITES : Les médicaments pourraient être brevetés plus longtemps, les groupes pharmas pourraient bloquer la distribution des génériques. Les services d’urgence pourraient être privatisés. Les Assurances privées pourraient attaquer en justice les CPAM pour concurrence déloyale. Les retraites par répartition pourraient être démantelées, les compagnies d’assurances se substitueraient aux CRAM,ARRCO, AGIRC…

EAU & ÉNERGIE : Ces biens seraient privatisables. Toute municipalité s’y opposant pourrait être accusée d’entrave à la liberté de commerce, idem pour l’énergie, qu’elle soit fossile, nucléaire ou renouvelable. La sécurité nucléaire serait réduite. Le prix du gaz et du kW seraient libres.

LIBERTÉ & VIE PRIVÉE : Grâce à la révolte publique, les sociétés espérant enfermer et monopoliser l’Internet ont échoué l’année dernière à faire adopter leur ACTA répressif ; des textes plus pernicieux sont dans le TAFTA.

SERVICES PUBLICS : Le TAFTA limiterait le pouvoir des États à réglementer les services publics tels que : services à la personne, transports routiers, ferroviaires, etc. et réduiraient les principes d’accès universel et large à ces besoins essentiels.

CULTURE & PRODUCTION ARTISTIQUE : Les gros producteurs d’audiovisuel pourraient interdire les productions privées ou professionnelles à faible budget comme youtube, vimeo, dailymotion, les financements collaboratifs seraient rendus illégaux. Les musées nationaux perdraient leur droit de préemption sur les trésors artistiques nationaux au profit de collectionneurs privés

ENSEIGNEMENT : Les universités privées pourraient attaquer en justice l’Éducation nationale pour concurrence déloyale. De la maternelle au doctorat, les sociétés privées contesteraient aux écoles, cantines scolaires et resto U, toutes subventions municipales, régionales ou nationales.

D’autres arguments : http://stoptafta.wordpress.com/category/pourquoi-lutter-contre-la-traite-transatlantique/