Archives mensuelles : septembre 2013

Comment Hollande avait prévu de frapper la Syrie

Les Rafale étaient prêts à décoller, les cibles choisies et les communiqués déjà rédigés. Mais au tout dernier moment, François Hollande a dû annuler l’opération…

François Hollande et Barack Obama, au sommet du G8, en Irlande, le 18 juin 2013.<br /><br /><br />
(IAN LANGSDON/POOL/SIPA)

par le tempsreel.nouvelobs

« Les frappes sont pour ce soir. » Le samedi 31 août, au matin, les plus hauts responsables français, civils et militaires, sont convaincus que le président de la République va déclencher le bombardement punitif de la Syrie la nuit suivante. Plus étonnant encore : François Hollande lui-même le croit aussi. Et cette incroyable méprise va durer jusqu’à la fin de l’après-midi. Entre-temps, pendant une dizaine d’heures, la machine de l’Etat aura été mise en branle pour effectuer ces frappes franco-américaines, les « vendre » à l’opinion et en gérer les conséquences diplomatiques.

Cette folle journée débute à 3 heures du matin, ce samedi 31 août, lorsque l’officier de permanence chargé des communications du président de la République reçoit un appel de son homologue américain. Ce dernier le prévient que Barack Obama va téléphoner à François Hollande sur la ligne directe et sécurisée qui relie l’Elysée à la Maison-Blanche. Quand ? Le jour même à 18h15, heure de Paris. Le malentendu transatlantique commence – un quiproquo risible s’il ne s’agissait de guerre.

Conseil de guerre

Décalage horaire oblige, le conseiller diplomatique de François Hollande, Paul Jean-Ortiz, découvre le message de la Maison-Blanche à 8 heures, dès qu’il arrive à son bureau, rue de l’Elysée. Il prévient illico François Hollande, qui décide de convoquer un conseil restreint juste après le coup de fil de Barack Obama. Devront être présents les ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères, ainsi que les « grands subordonnés » : le chef d’état-major, les patrons de la DGSE et du Renseignement militaire… Un conseil de guerre à l’issue duquel le chef de l’Etat va donner l’ordre formel du début des frappes françaises en Syrie. C’est du moins ce que croit François Hollande et, avec lui, toutes les personnalités convoquées.

Ce 31 août au matin, l’Elysée demande donc aux militaires de se tenir prêts à exécuter cet ordre supposé imminent.

Le plan était de bombarder pendant une nuit, en commençant vers 3 heures du matin au moment où les gens sont profondément endormis, dit un haut responsable français. Il s’agissait de détruire notamment des batteries de missiles et des centres de commandement de la quatrième armée, la chimique. »

Les frappes doivent être réalisées par plusieurs Rafale volant en Méditerranée, au-dessus des eaux internationales. « Nous ne voulions pas tirer à partir du ciel turc, raconte un autre. Nous redoutions qu’Assad n’invoque la légitime défense et ne bombarde son voisin, ce qui risquait d’impliquer l’Otan. »
Il y a un hic : les missiles de croisière Scalp prévus pour l’opération ayant une portée maximale de 250 kilomètres, les bombardements français ne pourront atteindre que des points situés dans l’ouest de la Syrie, Damas compris. Les Américains se chargeront de tout le reste. « Mais nous ne dépendions pas d’eux pour nos tirs et notre ravitaillement en vol, tient-on à préciser à la Défense. Il y a une seule chose que nous ne maîtrisions pas : le calendrier. C’est Obama qui devait donner le top départ. »

Des preuves « déclassifiées »

Pour prouver à l’opinion que François Hollande n’agit pas à la remorque des Etats-Unis, façon Tony Blair pendant la guerre en Irak, l’Elysée décide aussi, ce samedi 31 août, de « dé-classifier » certaines preuves françaises de l’attaque chimique. « Nous avons appelé ce document ‘Synthèse nationale de renseignement déclassifiée’ et nous avons mis un drapeau bleu, blanc, rouge sur chaque page », raconte un officiel. Et, en prévision des frappes du soir, le ministère de la Défense fait fuiter ce texte dans le « Journal du Dimanche » à paraître le lendemain.

L’ensemble du plan de communication de l’opération est établi au cours d’une réunion à 14h30 ce même samedi dans le bureau de Paul Jean-Ortiz, avec les directeurs de cabinet des principaux ministères concernés. « Nous avons discuté des images à fournir aux journaux télévisés, celles de la montée en puissance de l’opération qui étaient déjà prêtes, et celles des premières frappes que pourrions livrer très rapidement », explique un officiel. « Nous avons aussi débattu du moment où il faudrait informer certaines personnalités étrangères, raconte l’un des participants. Il a semblé évident que François Hollande préviendrait lui-même Angela Merkel, juste après le coup de fil d’Obama. »

« Le jour J était arrivé »

D’où vient cette certitude que le président américain va donner le top départ ce samedi ? « Tout nous conduisait à penser que le jour J était arrivé », dit un responsable français. Cela faisait une semaine que la perspective d’une action militaire franco-américaine contre la Syrie apparaissait inéluctable.

Tout a commencé le dimanche précédent, c’est-à-dire quatre jours après l’attaque chimique contre les populations civiles, quand Barack Obama et François Hollande ont discuté de plusieurs types de « punitions », y compris militaires. « Dès le lendemain, les états-majors des deux pays ont commencé à travailler à un plan de frappe commun », dit-on au ministère de la Défense.

Certes, les jours suivants auraient pu tout faire dérailler. Le mercredi, à Londres, la Chambre des Communes a voté contre une participation britannique à ces frappes. Et, on le sait moins, le jeudi, les Français et leurs alliés ont raté leur « blitz » diplomatique visant à conférer, si ce n’est une légalité, du moins une certaine légitimité internationale à une action militaire contre la Syrie. Ils espéraient recueillir une majorité des voix au Conseil de Sécurité, et ainsi contraindre Pékin et Moscou à opposer leur veto. Malgré les efforts de Laurent Fabius, Paris, Londres et Washington ne sont pas parvenus, selon nos informations, à rallier un nombre suffisant (six) de suffrages des pays membres non permanents du dit Conseil. Si bien que l’idée de passer par l’ONU a été abandonnée.

Pourtant, en fin de semaine, les Américains sont toujours aussi déterminés. Le jeudi, la conseillère de Barack Obama pour la sécurité, Susan Rice, fait savoir à Paul Jean-Ortiz que, malgré la défection britannique et le revers onusien, son patron est « tout près d’y aller ». Et le lendemain, le vendredi 30, plusieurs indicateurs en provenance de Washington font penser aux Français que des frappes américaines sont imminentes. « Ce jour-là, John Kerry s’est entretenu plusieurs fois avec Laurent Fabius, assure un officiel. Il lui a dit que Barack Obama lui avait demandé de ‘préparer l’opinion publique à des frappes.’ » Au cours de cette même journée, dit un autre, « la Maison-Blanche a publié ses preuves sur le massacre chimique ».
Et toujours ce vendredi, François Hollande et Barack Obama ont de nouveau discuté longuement. Le président américain dit qu’il n’a pas encore pris sa décision définitive mais que celle-ci ne saurait tarder. Il ajoute que les frappes pourraient avoir lieu bientôt, « avant ou après le G20″, précise-t-il. « Rappelons-nous demain ou après-demain », conclut-il.

Le revirement d’Obama

Si bien qu’à l’annonce d’un nouveau coup de fil de la Maison-Blanche les conseillers de François Hollande sont persuadés ce samedi 31 août que le président américain a tranché dans la nuit et qu’il déclenchera l’opération le soir même ou au plus tard dans la nuit du dimanche (hypothèse peu probable puisqu’il part en Europe le lendemain). Personne à l’Elysée n’imagine qu’après avoir reçu une lettre de 186 parlementaires lui demandant de faire voter le Congrès Barack Obama a décidé in extremis de leur donner raison et encore moins que les principaux responsables de la Chambre des Représentants et du Sénat sont déjà au courant – plusieurs heures donc avant François Hollande…

« J’ai décidé d’y aller, dit le chef de la Maison-Blanche à son homologue français ce samedi à 18h15, mais je vais d’abord demander l’aval du Congrès. » François Hollande est abasourdi. Il essaie de convaincre le président américain de revenir sur sa décision – en vain. Le chef de l’Etat rejoint alors les hommes qu’il a convoqués dans le salon vert pour un conseil restreint. Il ordonne aux militaires de rappeler les Rafale et évoque les prochaines fenêtres de tirs. De l’avis général, il n’en reste plus qu’une : aux alentours du 15 septembre, entre le vote des parlementaires américains et l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies. « Après ce sera très difficile, voire impossible », convient-on. Cette ultime fenêtre sera refermée la semaine suivante par une manœuvre diplomatique astucieuse de Vladimir Poutine.

 

La victoire de la Russie

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Serguei Labrov

par  le 28 septembre

Le vote par le Conseil de sécurité des Nations Unies, dans la nuit de vendredi 27 au samedi 28 septembre de la résolution sur les armes chimiques en Syrie, co-présentée par la Russie et les Etats-Unis, a été un moment important dans la reconstruction d’un ordre international. Ce vote, obtenu à l’unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité, présente plusieurs points qui appellent des commentaires :

  • (i)            Il fait obligation à toutes les parties en présence en Syrie de remettre les armes chimiques qu’elles détiennent aux Nations Unies à fin de destruction. Il enjoint à toutes les parties en présence de cesser la production ou le transfert de ces armes.
  • (ii)           Il réaffirme solennellement que la prolifération des armes de destruction massive est une menace pour la paix et la sécurité.
  • (iii)         Il réaffirme la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie.
  • (iv)         Il précise qu’en cas de violation par l’une des parties de l’accord, le « chapitre VII » de la charte s’appliquera, soit qu’il y aura une nouvelle réunion du Conseil de sécurité et qu’il faudra un nouveau vote avant l’engagement de la force armée.

Ce vote est incontestablement une victoire pour la Russie, comme le soulignent tous les observateurs. Toutes les parties impliquées dans la crise Syrienne, à commencer par la France et les Etats-Unis, ont dû accepter de se plier à la légalité des Nations Unies. Il ne peut, dans ces conditions, y avoir de frappes «décidées unilatéralement. Cette victoire de la Russie est aussi, et surtout, une victoire du Droit International. Mais, c’est aussi une victoire pour la Russie car la résolution reconnaît le gouvernement légal de la Syrie comme son interlocuteur et le désigne comme tel dans la tenue d’une conférence de paix qui doit se tenir à Genève. Dès lors, il ne saurait y avoir de préalable, et en particulier le départ de Bachar el-Assad. De fait, les Etats-Unis et la France ont été isolés, non seulement face à la Russie mais aussi face aux « BRICS » et à une grande majorité de pays, et ont dû accepter la logique de la position russe.

Cette victoire de la Russie est historique. Elle signe tant la cohérence de sa politique étrangère, mise en œuvre par son Président Vladimir Poutine et par son Ministre des affaires étrangères M. Serguey Lavrov et qui a fait de la défense de la légalité internationale sa pierre angulaire, que le changement de rapport de force international. Mais, cette victoire confère de nouvelles responsabilités à la Russie. Désormais on attendra d’elle non pas tant une position réactive qu’une position pro-active sur les différentes crises internationales.

Cette victoire de la Russie doit aussi être mise en parallèle avec l’effacement de l’Europe et l’échec de la France. Cet échec est humiliant. La France s’est retrouvée isolée, et n’a pas été partie aux négociations de Genève entre la Russie et les Etats-Unis, négociations qui ont rendu possible le vote de cette résolution. Cet échec est celui, en profondeur, de la politique étrangère suivie par notre pays. Échec qui est le prix de l’incohérence : comment concilier l’action au Mali au début de cette année (dont on oublie trop vite qu’elle a été rendue possible par la mise à la disposition d’avions-cargos russes pour assurer la logistique) avec la position sur la Syrie. Échec qui est le prix d’une absence de doctrine, ou plus précisément de la montée du moralisme à la place d’une pensée politique réelle. Échec, enfin, dans la capacité à unir l’Union Européenne sur nos positions. Jamais l’Union Européenne n’est apparue autant divisée et sans position dans l’arène internationale. La France à cru beaucoup sacrifier à la construction européenne dans l’espoir qu’elle en tirerait avantage sur le plan international et que sa position en ressortirait renforcée. Elle doit aujourd’hui déchanter. Les sacrifices de souveraineté n’ont pas abouti à la constitution d’une position unifiée de l’Union Européenne. Ils ont par contre redonné une légitimité à l’Allemagne comme grande puissance.

De cet échec, il faudra impérativement en tirer les leçons et faire le bilan de vingt années de « construction européenne ». Mais il faut aussi que M. Laurent Fabius tire personnellement le bilan du vote de cette nuit au Conseil de Sécurité, au vu de son activité et de son activisme des mois derniers, et qu’il assume sa responsabilité dans cet échec en démissionnant.

Finance, économie, politique et la situation mondiale fin 2013 : trois étincelles et un baril de poudre

GEAB N°77 est disponible ! Finance, économie, politique et la situation mondiale fin 2013 : trois étincelles et un baril de poudre

 par GlobalEurope Anticipation Bulletin

Le soleil de l’été 2013, loin d’avoir apporté l’accalmie que certains espéraient, a continué de chauffer à blanc la finance, l’économie, et surtout la géopolitique mondiale. La pomme de discorde syrienne a montré à quel point la communauté internationale n’en était plus une ; les nouvelles économiques, malgré tous les artifices possibles, refusent obstinément d’annoncer une reprise tant attendue ; la guerre des monnaies a repris de plus belle, touchant de plein fouet les pays émergents ; les taux des obligations souveraines sont maintenant hors de contrôle…

L’automne approchant ne calmera malheureusement pas le jeu. La rentrée politique est en effet sous tension à Washington entre discussions sur la Syrie, vote du budget, plafond de la dette, etc. Les dissensions extrêmes entre démocrates et républicains en font la rentrée de tous les dangers. La rentrée financière ne l’est pas moins avec à l’ordre du jour le fameux tapering, c’est-à-dire la diminution progressive du programme d’assouplissement quantitatif de la Fed qui porte pourtant l’économie à bout de bras ; avec les séquelles de la faillite de Détroit ; et avec les grandes banques occidentales qui retirent par nécessité leur soutien au gouvernement américain.

Enfin, la rentrée géopolitique promet elle aussi d’être mouvementée: les pays émergents, échaudés par les opérations spéculatives sur leurs monnaies, ne vont certes pas rester les bras croisés, ce qui promet un beau feu d’artifice sur le marché des changes, et ils souhaiteront en outre profiter de leur victoire au sujet de la Syrie pour accroitre leurs prérogatives.

Plan de l’article complet :
1. Le feuilleton politique reprend à Washington
2. La Fed perd le contrôle
3. La prochaine Chypre sera américaine
4. Les banques ont lâché le trésor
5. Le grand bluff syrien
6. De Charybde en Scylla
7. Perte d’influence US
8. Émergent : suite et fin du processus de découplage des économies occidentales
9. Japon : recentrage régional
10. L’Europe à la croisée des chemins
11. Le bateau ivre de la gouvernance mondiale

Nous présentons dans ce communiqué public les parties 1, 2 et 3. Lire la suite

La banque la plus puissante au monde annonce « le crash »

Siège de la BRI à Bâle (Suisse)

Siège de la BRI à Bâle par le-veilleur.com

Que je vous dise d’abord ce qu’est la BRI (Banque des règlements internationaux). La BRI, c’est en quelque sorte la banque des banques centrales, la banque de toutes les banques, la banque en chef. Une sorte de Météo France du vrai climat de la finance, mais au niveau mondial, et en beaucoup plus secret. Et ses dernières prévisions sont des plus alarmistes.L’alerte que vient de lancer la BRI la semaine passée dans un rapport signé de son chef  Jaime Caruana est rouge cramoisi. Une vague immense, un véritable mur de dette, en train de se ruer sur nous. Un véritable crash cyclonique à nos portes.

Et ce n’est pas le recul mortifié de Ben Bernanke, patron de la Fed américaine, renonçant mercredi à limiter comme promis l’injection massive de 85 milliards de dollars chaque mois pour soutenir l’économie défaillante de son pays, qui va arranger quelque chose.

Célébrée par toutes les places boursières en état hallucinatoire avancé, cette annonce n’a pourtant rien de reluisant : elle reconnaît l’impuissance de l’ex-puissance américaine à redresser sa situation économique compromise sans injections permanentes de stimulants artificiels. Parallèlement, et malgré ces injections massives de liquidités, la Fed revoit une nouvelle fois à la baisse sa prévision de croissance pour 2013. Lire la suite

La crise n’est pas finie, Bernanke continue de soutenir l’économie

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Le HuffPost    Par Grégory Raymond 18/09/2013 http://www.huffingtonpost.fr/

Ce devait être la décision la plus importante depuis les sauvetages financiers de 2008. La Réserve fédérale (Fed) devait annoncer qu’elle appuyait sur la pédale de frein, en annonçant le début du repli de sa politique monétaire ultra accommodante. Au lieu des 85 milliards de dollars déboursés chaque mois pour fluidifier l’économie depuis un an, les experts attendaient une réduction à 75 voire 70 milliards. La fin d’une politique mise en place pour la crise, et donc la fin de la crise.

Et bien il faudra attendre! A la surprise générale, Ben Bernanke, le patron de la Fed, est arrivé avec de mauvaises nouvelles sous le bras. La Réserve fédérale américaine a en effet annoncé mercredi qu’elle maintenait son soutien exceptionnel à la reprise en attendant « plus de preuves d’une amélioration soutenue avant d’ajuster le rythme de ses achats ». Du coup, le bilan vertigineux de la banque centrale va continuer de grimper. Encore et encore.

Elle va donc continuer d’acheter chaque mois pour 85 milliards de dollars de bons du trésor et de titres hypothécaires jugeant qu’un resserrement actuel des conditions financières « s’il continuait, pourrait ralentir le rythme de la reprise de l’économie et du marché du travail ».

Pire, Ben Bernanke a ajouté avoir abaissé sa prévision de croissance pour 2013 et 2014 tout en améliorant légèrement ses prévisions de chômage. Le produit intérieur brut du pays (PIB) devrait progresser de 2,0% à 2,3% en 2013, soit 0,3 point de moins que prévu en juin, et de 2,9% à 3,1% en 2014 (-0,1 à -0,4 point par rapport à juin).
Mauvaise nouvelle ? Pas pour tout le monde

Si les nouvelles ne sont pas bonnes, elles réjouissent pourtant la Bourse, comme le montre cet impressionnant graphique, où l’on voit le Dow Jones exploser au moment de l’annonce de Ben Bernanke à 20 heures, passant de 15.484 point à 15.626 points en quelques secondes, puis à 15.709 points en moins d’une heure. Un niveau jamais atteint depuis plus de 10 ans!

Comment expliquer cet apparent paradoxe? Simple, tous les signaux n’étant pas encore au vert, Ben Bernanke a décidé de continuer de soutenir l’économie et d’injecter des liquidités dans le système. Une aide qui ne peut qu’être saluée en Bourse, elle qui craignait que la fermeture du robinet des liquidités n’intervienne trop tôt et ne vienne gripper les frémissements de la reprise. Un peu comme un enfant qui ne se sentirait pas encore sûr de lui à vélo et qui se réjouirait que son père n’enlève pas tout de suite les petites roues.

Mais comment en est-on arrivé là… Lire la suite

Monsieur le ministre des Affaires étrangères, vous devez partir

Déclaration de Jacques Cheminade Paris, le 16 septembre 2013

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M. Laurent Fabius, vous avez assumé le ministère des Affaires étrangères en y imposant un cours nouveau. Votre politique est un échec. Vous devez en tirer les conséquences.

Vous avez rompu avec la continuité stratégique pratiquée par notre diplomatie depuis plus de quarante ans pour renouer avec l’atlantisme de la IVe République, notamment au Proche-Orient. Nos alliés d’hier, les pays émergents qui seront les grandes puissances de demain, nous ont tourné le dos et se sont regroupés autour de la Russie. Vous avez ainsi permis à M. Poutine d’étendre sa zone d’influence géopolitique au-delà de ses propres espérances.

Vous avez incité le Président de la République à prendre position au nom du droit de punir et de la responsabilité de protéger, sans avoir les moyens de mettre ces principes en pratique.

Vous avez exigé le départ de Bachar al-Assad, c’est-à-dire de fait un changement de régime, alors que la politique constante de la France est de reconnaître les Etats sans s’immiscer dans leurs affaires intérieures.

Vous vous êtes ainsi aligné sur les positions du Qatar, de l’Arabie saoudite et des djihadistes que leurs services promeuvent. Vous avez donc failli à protéger les minorités de la région, notamment chrétiennes.

Vous avez finalement fait déposer un projet de résolution aux Nations unies sur la Syrie, auquel même le président Obama a mis son veto.

Vous avez laissé ou fait dire à certains de vos collaborateurs ou à certains ministres que c’est la fermeté française qui a conduit la Russie à faire sa proposition sur le démantèlement des armes chimiques du régime syrien. Vous avez ainsi joint le ridicule à l’inadmissible.

Il est donc temps que vous partiez. Vous avez dit un jour que vous laissiez le Président de la République s’occuper seul des questions économiques, car pour votre part, vous vous occupiez des affaires étrangères. Eh bien, vous devez prendre vos responsabilités, en ouvrant ainsi au Président une porte de sortie dans l’impasse où vos préjugés l’ont fourvoyé. Ce geste de votre part serait le seul de nature à nous extirper du bourbier dans lequel nous nous sommes égarés. Laissons pour le reste nos experts sur le terrain, qui sont parmi les plus compétents du monde, aider au démantèlement des armes chimiques sur place.

Pour le reste, la France doit défendre le seul projet qui offre un avenir à l’Asie du Sud-Ouest, la paix par le développement mutuel, en lui donnant les ressources qui lui permettent de le mettre en œuvre. L’on ne peut y parvenir qu’en mettant fin au règne de l’oligarchie financière de la City et de Wall Street, qui est par nature prédateur et incompatible avec des projets à long terme permettant d’équiper l’homme et la nature.

Cela ne peut se faire qu’armé d’un Glass-Steagall, et ce devrait être notre grande querelle.

Projet d’accord transatlantique : un nouvel OTAN économique!

Image illustrative de l'article Mouvement politique d'émancipation populaire

Le 15 septembre 2013 Communiqué du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Les États-Unis d’Amérique ont proposé à l’Union européenne un accord commercial bilatéral à l’occasion de la réunion du G8 qui s’est tenue à Lough Erne, en Irlande du Nord, les 17 et 18 juin 2013. Il n’y aurait rien à redire si ces négociations entre les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne avaient pour objectif de rapprocher les peuples des deux côtés de l’océan. Un tel partenariat, s’il avait pour ambition d’améliorer la prospérité générale, de s’attaquer radicalement aux désastres environnementaux, d’établir des normes de haut niveau en matière de protection sociale, tant du point de vue des soins de santé que de retraites ou de conditions de travail, d’éradiquer définitivement le chômage et la précarité, et donc la pauvreté, susciterait un enthousiasme universel. Il serait un exemple pour le reste du monde.

Hélas, comme tous les traités de libre-échange depuis des décennies, non seulement il ne s’agit pas du tout de cela, mais de l’inverse. La décision prise en Irlande les 17 et 18 juin 2013 est monstrueuse à tous égards. Lire la suite

Les moyens de l’indépendance nationale

Le blog de Bertrand Renouvin

le 15 sept par Bertrand Renouvin  http://www.bertrand-renouvin.fr/les-moyens-de-lindependance-nationale-chronique/

François Hollande a attendu le vote du congrès des Etats-Unis. Comme l’initiative russe le rendait inutile, François Hollande a attendu la conclusion de l’accord entre les Américains et les Russes sur les armes chimiques en Syrie pour s’exprimer. Répondant aux questions de Claire Chazal ce dimanche 15 septembre, le président de la République a voulu nous faire croire qu’il avait joué un rôle dans « la tragédie la plus grave du début du 20ème siècle » – en oubliant la tragédie actuellement vécue par l’Afghanistan – alors qu’il n’en fut que le spectateur. C’est bien beau de disserter à la télévision sur les obligations et les sanctions, sur le maintien de l’option militaire, sur le soutien à l’opposition démocratique syrienne… mais les faits contredisent le ton résolu et les formules martiales. Notre ministre des Affaires étrangères n’a pas soutenu l’initiative russe mais exprimé à plusieurs reprises un scepticisme rageur et impuissant alors que le président des Etats-Unis sautait sur la perche tendue par Vladimir Poutine pour écarter la fameuse option militaire. Laurent Fabius  préférait sans doute lire les articles imbéciles de « Libération » et du « Monde » qui dénonçaient la « ruse » de Poutine et la « resoviétisation » de la diplomatie russe… Lire la suite

Attaque au gaz en Syrie du 21 août : un ex-otage accuse les rebelles

L’enseignant belge Pierre Piccinin, enlevé en Syrie par des rebelles au mois d’avril et libéré dimanche avec le journaliste italien Domenico Quirico, a affirmé lundi sur des médias belges que le gaz sarin n’avait pas été utilisé par le régime de Bachar El-Assad.

par lejdd.fr

 Pierre Piccinin, otage belge en Syrie

« C’est un devoir moral de le dire. Ce n’est pas le gouvernement de Bachar El-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. » Cette affirmation vient de l’enseignant belge Pierre Piccinin, enlevé en Syrie au mois d’avril et libéré dimanche avec le journaliste italien Domenico Quirico. Invité lundi matin dans des médias belges, il a livré cette conviction à deux reprises, sans donner de preuves ou de détails sur les circonstances ou les auteurs d’une conversation qu’il dit avoir surprise. Mais il assure que lui et son compère en sont « certains ». Et « même s’il m’en coûte de le dire parce que depuis mai 2012 je soutiens férocement l’Armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie », a-t-il ajouté. Ajoutant également qu’il était encore avant favorable au régime de Bachar El-Assad.

Il a également affirmé qu’il était « trop tard » pour une intervention en Syrie. « Qui soutenir maintenant? J’ai longtemps plaidé pour qu’on soutienne l’Armée syrienne libre, c’étaient des officiers sérieux qui désertaient l’armée du régime pour encadrer la révolution, et lui donner un élan démocratique et laïque. On n’a pas soutenu ces gens ; on a laissé des myriades de mouvements islamistes soutenus par des monarchies du Golfe prendre le dessus. On a laissé cette armée libre à l’abandon et, dans la déliquescence, elle a formé une série de groupes de bandits. Qui va-t-on soutenir maintenant? C’est trop tard », a-t-il dit sur la RTBF. « J’ai cherché à raconter la révolution syrienne, mais il est possible que cette révolution m’ait trahi, a-t-il ajouté, parce que ce n’est plus la révolution que j’ai connue il y a deux ans à Alep, laïque et tolérante », expliquait pour sa part Domenico Quirico à sa descente d’avion. Lire la suite