Archives mensuelles : août 2013

Syrie, pourquoi les Français ne sont-ils pas dans la rue pour dire non à l’agression occidentale?

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“la France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents” que voilà de belles paroles!

Nous qui avons vu en 2003, avant la “deuxième” guerre d’Irak, les photos des enfants démolis avant leur naissance par l’uranium appauvri utilisé pendant la “première” guerre d’Irak par les Américains, nous en goûtons tout le sel.

Mais, bon sang, combien de temps vont continuer les mensonges? Faux témoignages lors de l’invasion du Koweït, mensonges sur l’emploi de l’uranium appauvri, mensonges d’état à propos du 11 septembre 2001, mensonges encore sur le soi-disant nucléaire irakien en 2003, invraisemblable montage en 2011 sur la Libye, déclaration officielle de Sarkozy le 3 janvier 2012 lors de ses vœux aux armées “Bachar doit partir” . Et maintenant ces gaz utilisés juste quand l’ONU s’en mêle.

Ça commence à bien faire, et voilà Copé qui félicite le “ton” de Hollande! Quand il s’agit d’exécuter les ordres de Washington l’unité “nationale” se reconstitue! Vive l’UMPS…

Les patriotes français doivent unir leur voix et leurs forces  pour s’opposer à toute nouvelle ignominie de la France dans une agression criminelle envers une nation souveraine!

Jaurés, Roosevelt, De Gaulle c’est maintenant!

Message de Jacques Cheminade aux socialistes pour sortie de crise : séparation bancaire intégrale articulée avec une politique de crédit public pour financer l’économie réelle…15 ministres l’ont reçu hier en main propre…Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas !

intervention de Solidarité et Progrés à l’université d’été 2013 du Parti socialiste à La Rochelle

 

 

L’Allemagne ne peut pas sauver la zone euro

Interview explosive de Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, parue dans DIE WELT le samedi 17 août 2013, traduit par JoeLeTaxi.

http://www.welt.de/politik/deutschland/article119104708/Deutschland-kann-die-Euro-Zone-nicht-retten.html

Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, s’attend à l’effondrement de la zone euro. Il propose que l’Allemagne quitte l’union monétaire – c’est l’Europe, non l’euro, qu’il faudrait sauver selon lui!

Die Welt : Monsieur Konrad, le gouvernement a reporté toutes les décisions importantes concernant la crise de l’euro à l’après-élections. Tente-t-on de tromper les électeurs ?

Kai A. Konrad : Je crois plutôt à un statu quo après les élections. Depuis l’apparition de la crise, la classe politique a toujours tenté de remettre au lendemain les décisions et de procrastiner.

Die Welt : Considérant le niveau extrême des dettes, presque tous les économistes tiennent des répudiations au moins partielles pour inévitables.

Konrad : En réalité, les Grecs possèdent suffisamment de richesses pour pouvoir s’acquitter sans aide de leur dette. Mais ils refusent, ou se trouvent dans l’impossibilité, de prendre des décisions aliénant ces avoirs. De ce fait, un nouveau défaut constituerait sûrement une option.

Die Welt : Selon les estimations de la Bundesbank, la Grèce aura besoin début 2014 d’un troisième plan d’aide. Admettra-t-on alors enfin que ce pays est un puits sans fond ?

Konrad : Mais la Grèce est déjà un puits sans fond, personne n’ayant jamais prédéfini une limite à ce qu’elle peut engloutir. Le taux d’endettement grimpe, entre autres parce que l’économie du pays se réduit comme peau de chagrin. Ce qui n’empêche nullement la Troïka, c’est-à-dire l’UE, la BCE et le FMI, de continuer imperturbablement à publier pour ce pays les prévisions les plus déconnectées de la réalité.

Die Welt : Ne vaudrait-il pas mieux que la Grèce quitte l’euro, au moins temporairement ?

Konrad : Non. Le pays serait alors étranglé par sa dette extérieure. Si l’on veut en finir avec l’Union Monétaire, c’est par les pays du nord de la zone euro qu’il faut commencer. Et si on en arrive là, alors l’Allemagne doit quitter l’euro.

Die Welt : Il faudrait que l’Allemagne fasse pour la troisième fois exploser l’Europe ? Aucun gouvernement allemand ne s’y résoudra jamais.

Konrad : L’euro n’est pas l’Europe. C’est l’Europe, et non l’euro, qu’il s’agit de sauver ! Il est vrai que, pour des raisons politiques, l’Allemagne n’est pas en position de sortir la première. Mais les autres pays membres pourraient l’y contraindre. Ce vers quoi nous allons, c’est cela. Dans certains pays, les conditions économiques sont devenues proprement insupportables. Par surcroit, une certaine agitation politique s’y est fait jour. Et si l’Allemagne et quelques autres économies fortes quittaient la zone euro, la valeur de cette monnaie baisserait, permettant aux économies du Sud de recouvrer la santé. Lire la suite

Des élus municipaux français et allemands s’engagent contre l’austérité et pour couper les banques en deux !

lundi 12 août 2013 par Solidarité et Progrés

Une première ! 12 élus municipaux français et allemands se sont réunis à Arzviller en Moselle samedi 10 août pour s’engager là où nos dirigeants ont échoué. Ils ont adopté une déclaration commune appelant au combat contre la finance au delà des convictions partisanes et au nom des générations futures.

« Nous autres, maires et élus français et allemands, réunis ce samedi 10 août à Arzviller (Moselle), dans l’esprit du Traité de l’Elysée en son cinquantième anniversaire, déplorons la défaillance de nos dirigeants, incapables d’affronter une oligarchie financière qui promeut le démantèlement social, bafoue nos souverainetés nationales et impose une politique menant à la dépopulation à l’échelle mondiale.

Dans nos communes, nous ressentons chaque jour les conséquences de cette défaillance. Les recettes fiscales s’effondrent et les services publics vitaux ne sont plus assurés. Le scandale que constituent la manipulation internationale du LIBOR et les emprunts toxiques frauduleux imposés par les banques, qui frappent de nombreuses communes en Allemagne et en France, n’est que la partie émergée de l’iceberg. Un changement de cap est nécessaire pour protéger l’intérêt général et nos peuples.

Nous sommes particulièrement scandalisés par les nouvelles lois bancaires adoptées à l’échelle de l’Europe, de l’Allemagne et de la France, qui permettent aux spéculations sans frein de continuer, accompagnées de politiques d’austérité de plus en plus criminelles. Nous ne voulons pas que les mêmes causes ayant produit les monstres des années trente du XXe siècle en produisent de pires aujourd’hui ! Nous sommes déterminés à arrêter la machine infernale.

Nous considérons que la première mesure à prendre est de couper les banques en deux, pour empêcher les criminels financiers de nuire en se sachant toujours protégés par les Etats. Il s’agit du principe du Glass Steagall Act de Franklin Roosevelt, également mis en oeuvre en Europe après 1945 : la séparation entre spéculation et activité de banque de dépôt et de crédit.

En même temps, pour relancer nos économies, nous appelons à des projets d’investissement massifs et à long terme, fondés sur l’équipement de l’homme et de la nature, de l’Atlantique à la Mer de Chine, par une entente pour le développement mutuel entre nations souveraines. Avec des banques nationales émettant le crédit nécessaire à ce dessein, nous serons en mesure de déterminer nous-mêmes notre avenir.

Nous sommes convaincus que sans ce retour de l’initiative publique, aux niveaux nationaux et régionaux, nous resterons soumis à l’ordre de l’oligarchie financière de la City, de Wall Street et de leurs collaborateurs dans nos pays. Au lieu de cela, nous entendons faire monter ensemble la voix de la justice et de la dignité, et retrouver notre identité de véritables Allemands et Français, patriotes et citoyens du monde.

En clair, cela signifie sortir par le haut du système de l’euro, qui interdit le financement de grands projets par du crédit public et livre les Etats aux grandes banques. Nous voulons un monde délivré de la City et de Wall Street pour que les générations futures puissent vivre, découvrir, créer et mettre en œuvre un développement mutuel. Nous voulons une vraie Europe des peuples !

Il ne s’agit pas d’un engagement relevant de convictions partisanes, de consensus ou de compromis. C’est l’engagement que nous prenons pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants et, au-delà, pour l’humanité.

Nous soutenons ardemment ceux qui, aux Etats-Unis, se battent pour la même cause, en espérant que leur succès affermisse ici notre courage. Pour notre part, nous rendrons publique aussi largement que possible notre initiative, sans laisser aucun répit à nos propres responsables. »

 

100 000 euros pour le meilleur projet de sortie de l’UE!

Un think tank britannique libéral organise un concours anticipant une sortie du Royaume-Uni des 28.

L'Institut britannique des affaires économiques offre un prix de 100 000 euros à qui proposera le meilleur plan de sortie de l'Union européenne.

L’Institut britannique des affaires économiques offre un prix de 100 000 euros à qui proposera le meilleur plan de sortie de l’Union européenne.
Le Point source SIPA MEDIA le 16/07/2013
Gagnez 100 000 euros en trouvant le moyen de ne surtout pas intégrer… la zone euro. L’Institute of Economic Affairs (IEA) fait preuve d’un humour grinçant. Le premier think tank libéral britannique, qui tient plus ou moins l’Union européenne (UE) pour responsable de tous les maux de la Grande-Bretagne, a lancé ce mardi un prix récompensant le meilleur projet de sortie de l’UE. Le prix « Brexit », condensé de « Britain » et de « exit » – concept déjà largement utilisé et repris par politiques et médias -, promet une récompense de 100 000 euros à qui proposera le meilleur plan de sortie.

L’Institut des affaires économiques imagine, pour les besoins du concours, que les Britanniques se sont prononcés pour la sortie de l’Union européenne lors d’un référendum et que le gouvernement a décidé d’invoquer l’article 50 du Traité de Lisbonne, qui autorise tout État l’ayant décidé à se retirer de l’UE. Un scénario qui ne semble pas si farfelu lorsqu’on sait que le Premier ministre britannique évoquait encore cette année l’organisation d’un référendum sur la question. Si cette sortie avait alors eu pour but principal de mettre la pression sur Bruxelles alors que le budget de l’UE était débattu, elle avait également une visée de politique intérieure, puisque nombre d’eurosceptiques se trouvent dans les rangs des conservateurs.

« Un évènement comparable à la chute du mur de Berlin »

Sur ce sujet très sérieux, les participants devront répondre à la question suivante : quelles mesures doit prendre le Royaume-Uni sur les deux années à venir afin de mettre sur pied une économie libre et prospère ? Un vote pour le « Brexit » constituerait « un évènement géopolitique et économique historique majeur », souligne l’Institut, qui explique que si ce concours est destiné à examiner le processus de sortie de l’UE, il ne l’est pas moins à étudier la place que pourrait prendre le Royaume-Uni dans le « nouveau paysage géopolitique et économique » qui suivrait le « Brexit ». Le think tank libéral n’hésite pas, en effet, à comparer un tel évènement à la chute du mur de Berlin et « l’effondrement de l’Union soviétique et la réunification de l’Allemagne qui ont suivi ».

Le gagnant empochera 100 000 euros, tandis que ceux échouant sur les deuxième et troisième places du podium recevront respectivement 10 000 et 5 000 euros. Le meilleur projet proposé par une personne de moins de 30 ans sera également récompensé par un prix de 5 000 euros. Les candidats ont jusqu’au 16 septembre pour envoyer leurs propositions.

Frédéric Lordon : “Sortir de l’euro, mais comment ?”

« En fait, nous sommes déjà sortis de la zone euro », a admis M. Nicos Anastasiades, président de Chypre, un pays où les billets n’ont plus la même valeur qu’en Grèce ou en Allemagne. L’explosion de la monnaie unique aurait-elle commencé ? Contre le scénario du chaos, l’idée d’une sortie de l’euro concertée et organisée fait son chemin.

Beaucoup, notamment à gauche, continuent de croire qu’on va changer l’euro. Qu’on va passer de l’euro austéritaire présent à un euro enfin rénové, progressiste et social. Cela n’arrivera pas. Il suffirait d’évoquer l’absence de tout levier politique en l’état d’incrustation institutionnelle de l’actuelle union monétaire européenne pour s’en faire une première idée. Mais cette impossibilité tient surtout à un argument beaucoup plus fort, qui s’exprime à la manière d’un syllogisme.

Majeure : l’euro actuel procède d’une construction qui a eu pour effet, et même pour intention, de donner toute satisfaction aux marchés de capitaux et d’organiser leur emprise sur les politiques économiques européennes [1].

Mineure : tout projet de transformation significative de l’euro est ipso facto un projet de démantèlement du pouvoir des marchés financiers et d’expulsion des investisseurs internationaux du champ de la construction des politiques publiques.

Ergo, conclusions :

- 1. Jamais les marchés ne laisseront s’élaborer tranquillement, sous leurs yeux, un projet qui a pour évidente finalité de leur retirer leur pouvoir disciplinaire ;

- 2. Sitôt qu’un tel projet commencerait d’acquérir un tant soit peu de consistance politique et de chances d’être mis en œuvre, il se heurterait à un déchaînement de spéculation et à une crise de marché aiguë qui réduiraient à rien le temps d’institutionnalisation d’une construction monétaire alternative, et dont la seule issue, à chaud, serait le retour aux monnaies nationales.

La gauche-qui-continue-d’y-croire n’a donc le choix qu’entre l’impuissance indéfinie… ou bien l’advenue de cela même qu’elle prétend vouloir éviter (le retour aux monnaies nationales), sitôt que son projet de transformation de l’euro commencerait à être pris au sérieux !

Encore faut-il s’entendre sur ce que veut dire ici « la gauche » : certainement pas le Parti socialiste (PS), qui n’entre¬tient plus avec l’idée de gauche que des rapports d’inertie nominale, ni la masse indifférenciée de l’européisme, qui, silencieuse ou béate pendant deux décennies, vient de découvrir les tares de son objet chéri et réalise, effarée, qu’il pourrait bien partir en morceaux.

Mais l’on ne rattrape pas en un instant une aussi longue période de sommeil intellectuel bienheureux. Lire la suite

Naples, Détroit, même combat !

le 7 août 2013 http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/article/naples-detroit-meme-combat.html

Après les retraites des employés municipaux de Détroit, ce sont les salaires des employés de l’Agence sanitaire de la ville de Naples en Italie qui sont la proie des banques.

C’est ce que rapporte un article publié hier dans l’hebdomadaire Il Denaro, intitulé « La bataille des employés de la santé de Naples : Naples est comme Détroit », rédigé par Maria Gagliotta. Gagliotta est une employée de l’Agence sanitaire de la Ville de Naples (ASL). Elle est également impliquée dans l’effort politique du mouvement Movisol (le mouvement associé à l’économiste Lyndon LaRouche en Italie) pour introduire une proposition de loi de type Glass-Steagall au Parlement italien.

L’article décrit les grèves et manifestations en « défense du paiement des salaires de la quasi-totalité des 7500 employés [personnel administratif, ambulanciers, infirmiers et médecins, ndlr] qui sont menacés de perdre leur salaire depuis que la Banco di Napoli a saisi les actifs de l’ASL. Ceci ressemble à la situation actuelle de Détroit, une autre ville célèbre qui a déclaré faillite le 18 juillet ».

L’article décrit ensuite l’accord pour renflouer les banques, imposé à Détroit par le gestionnaire financier, Kevyn Orr. Il insiste aussi sur la fraude sur le LIBOR (taux d’intérêt interbancaire) commise par ces dernières ainsi que sur les contrats dérivés truqués imposés aux municipalités. Aujourd’hui, la ville de Naples est doublement victime puisqu’elle même, ainsi que la Région de Campanie dont elle est la capitale, ont été amenées à investir dans des produits dérivés par les banques de Londres en 2006.

Gagliotta cite ensuite « Bill Robert, du Comité d’action politique de LaRouche et ancien candidat au Congrès, qui a souligné dans une déclaration du 21 juillet qu’il avait averti le Conseil municipal de Détroit des conséquences s’il n’adoptait pas Glass-Steagall ».

« Une initiative à cet effet est également en cours en Italie », poursuit-elle, visant à recueillir les signatures pour une loi citoyenne « séparant les banques ordinaires des banques spéculatives », avec la création récente du Comité de libération nationale (CLN).

Maria Gagliotta cite également la lettre qu’elle a fait parvenir à son syndicat, l’Union italienne des travailleurs (UIL), « l’invitant à prendre position publiquement en faveur de Glass-Steagall comme mesure clé pour stopper l’effondrement systémique et empêcher que la situation ne dégénère dans une explosion hyperinflationniste et provoque la destruction de l’économie physique et les infrastructures. La séparation bancaire est la condition sine qua non pour relancer l’économie réelle et le crédit productif ».

Total 2010: 10 milliards de bénéfices, zéro impôt sur les sociétés!

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Alors que le groupe pétrolier  se prépare à envoyer la gestion de sa trésorerie et sa communication financière à Londres, la seule place financière et pétrolière qui peut lui donner de la visibilité, assure-t-il, il est bon de rappeler que Total a enregistré en 2010, 10,5 milliards d’euros de bénéfices et qu’il a versé 5,2 milliards de dividendes à ses actionnaires, et qu’il n’a payé, pour la deuxième année consécutive, aucun impôt sur les sociétés, grâce à un système de niche fiscale.!

S’il fallait une démonstration supplémentaire de l’iniquité, de l’incohérence, de l’injustice du système fiscal français, et du cynisme dont fait preuve le gouvernement sur le sujet, le cas Total pourrait servir d’illustration parfaite. Le groupe pétrolier a affiché en 2010 le bénéfice le plus important du Cac 40 : 10,5 milliards d’euros. Il s’apprête à verser 5,2 milliards de dividendes à ses actionnaires. Et dans le même temps, Total ne paie aucun impôt sur les sociétés, et ce pour la deuxième année consécutive.

Dans son rapport sur la fiscalité, le conseil des prélèvements obligatoires avait déjà pointé l’énorme distorsion qui existait entre grands groupes et PME. Passés maîtres dans l’art de l’optimisation fiscale, les grands groupes parviennent à ramener leur taux d’imposition sur les sociétés – théoriquement de 33,3% – à 8% en moyenne. Les PME sont pour leur part imposées en moyenne à plus de 20%. Le décalage était déjà criant, insupportable. Avec Total, on atteint des sommets. Comment justifier que le groupe le plus riche de France, qui accepte de reverser la moitié de ses bénéfices à ses actionnaires – une charge qui ne lui paraît pas du tout insupportable – ne paie pas d’impôt sur les sociétés ?

Pour sa défense, Total souligne qu’il paie beaucoup d’impôts… dans les pays producteurs de pétrole. En France, il a aussi versé des taxes : 800 millions d’euros au total l’an dernier. L’essentiel – 500 millions d’euros – provient d’une retenue à la source prélevée sur les dividendes versés à des actionnaires étrangers. Le reste – 300 millions – est payé au titre de la taxe professionnelle, des taxes foncières et autres impôts locaux. Quant à l’impôt sur les sociétés, ce serait une question de conjoncture : « Nous n’avons pas payé d’impôt sur les sociétés en 2009 et 2010 car nos activités françaises sont en déficit. Le raffinage en France est toujours en grande difficulté, les marges sur la distribution ont été très réduites. Nous avons perdu 250 millions d’euros en 2009 et 16 millions d’euros en 2010 », explique une porte-parole du groupe.

Seize millions de pertes en France sur un total de 10,5 milliards de bénéfices, cela justifie en effet d’être exempté de toute contribution fiscale.

 

La compétitivité, un mythe en vogue

par Gilles Ardinat, octobre 2012 Monde Diplomatique

Pour sortir d’une crise déclenchée par la finance, les pistes étaient multiples : brider la spéculation, réglementer les marchés, sanctionner les banquiers… Avec le soutien d’un nombre croissant d’industriels, l’Union européenne a formulé une autre priorité, qu’elle impose déjà aux pays en difficulté : accroître la « compétitivité » du marché du travail. Mais que désigne ce terme, que dirigeants de gauche comme de droite semblent avoir érigé en nouveau Graal ?

Singulier unanimisme. L’ancien ministre des affaires étrangères Alain Juppé révélait, le 28 août dernier, « le vrai problème de l’économie française » : son manque de compétitivité (matinale de France Inter). Un mois auparavant, à l’annonce de huit mille licenciements par le groupe Peugeot (PSA), M. Jean-François Copé, secrétaire général de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), avait déjà identifié une« priorité absolue », « la compétitivité de notre industrie », avant que le sénateur et ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin n’appelle de ses vœux un « choc de compétitivité », seul capable d’aiguillonner l’économie hexagonale.

L’accord parfait des ténors de l’UMP offrait un étonnant écho à celui des salons de Bercy et du palais de Matignon. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault n’avait-il pas conclu la « conférence sociale » des 9 et 10 juillet avec les partenaires sociaux en fixant un objectif fondamental : « Améliorer la compétitivité de nos entreprises » ? Sur ce point, aucune cacophonie gouvernementale. Soucieux de justifier sa participation à l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef), le ministre socialiste de l’économie et des finances, M. Pierre Moscovici, précisait : « Nous serons là pour dire que le gouvernement est pleinement décidé à affronter le défi économique de la compétitivité, car ce n’est qu’en renforçant nos capacités de croissance que nous gagnerons la bataille de l’emploi (1). » Lire la suite