Archives mensuelles : mai 2013

Syrie: Tous crient « d’où le secours nous viendra-t-il »?

Voilà plus de deux ans que son pays s’est embrasé dans un conflit qui vire à la guerre civile. Sœur Raghida Al Khouri, lors d’un entretien avec l’AED, se prête au jeu des questions-réponses avec douceur. Mais aussi avec un voile de tristesse dans la gorge. Elle évoque la situation syrienne avec nuance et sa famille avec pudeur.

Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?
Je suis née à Damas, dans une famille de sept enfants, où j’ai reçu une éducation humaine et chrétienne élevée dans la foi catholique. J’ai perdu mon père que j’aimais beaucoup quand j’avais 14 ans. De lui je retiens la droiture, la justice et l’affection. J’ai fait des études en sciences de l’éducation, à Beyrouth. Et parallèlement, je suis entrée chez les Sœurs de la Charité de Besançon, communauté créée en 1799 par la Franc-Comtoise Jeanne-Antide Touret. J’ai vécu la guerre libanaise (en tant que syrienne), dans la prière et dans l’acceptation, un peu comme une mission que le Seigneur me demandait d’accomplir. J’ai occupé plusieurs postes, dont celui d’enseignante et de directrice d’établissement au Liban. Entre 2005 et 2008, on m’a mandatée en Syrie, où j’ai dirigé l’établissement scolaire du patriarcat gréco-catholique à Damas, en même temps que j’étais responsable de la communauté. En 2008, j’ai été mutée à Nice, où je suis responsable diocésaine adjointe de l’AEP  (aumônerie d’enseignement public) et de la pastorale des lycéens.

Comment vivez-vous votre éloignement actuel par rapport à vos proches ?
Je retourne dans mon pays tous les ans pour voir toute ma famille qui est à Damas (sauf en 2011 et 2012). Avec les événements en cours en Syrie, je me sens assez seule. Tous les jours, je les appelle. J’ai besoin de savoir qu’ils sont vivants. Nous sommes en contact via skype ou par téléphone. La situation empire de jours en jours. Je pense comme beaucoup que la paix semble pure utopie. Mais, je crois pourtant que l’utopie d’aujourd’hui peut devenir la réalité de demain si nous y croyons vraiment au niveau national et international et si, pour la construire, nous nous investissons tous de tout notre cœur, de toute notre intelligence. Rien n’est impossible à celui qui supplie et demande avec ferveur.

Quel est leur quotidien ?
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L’euro est un échec économique, il est aussi un échec politique…

Par Charles Sannat, Directeur des études économiques

Le Contrarien matin

 

Je me considère comme profondément européen comme j’ai pu déjà, à de multiples occasions, l’exprimer. Je suis le produit de la « génération ERASMUS » et d’une époque où les cours d’histoire étaient une matière importante.

Comme ceux de mon âge, nous sommes également les derniers pour qui la dernière guerre mondiale ne remonte pas aussi loin que ça. À travers les récits familiaux, nous en avons été des témoins indirects. Tout ça pour vous dire que je ne supporte pas les « procès » d’intention d’europhobe intentés à tous ceux qui remettent en cause certaines réalisations européennes, ou souhaitent pouvoir parler des « alternatives d’Europe ».

N’oublions jamais que l’Europe est celle que nous construisons. L’Europe est ce que nous voulons qu’elle soit.

Avant de parler de l’euro, partons aux USA !

Le grand mamamouchi en chef de nos errements monétaires vient de parler. Oui c’est ça, celui qui disait il y a encore quelques jours que comme tout allait mieux que bien, il allait falloir réduire les impressions sauvages de billets intitulées pudiquement « quantitativ easing ». Je vous disais et vous répétais qu’il n’en serait rien puisquele monde occidental en entier est tombé dans le piège des taux bas. Si les taux remontent… c’est la banqueroute généralisée. Pour maintenir les taux au plus bas, il faut continuer à injecter sans cesse de la fausse monnaie jusqu’à ce que l’hyperinflation apparaisse… Et nous y sommes. Lire la suite

Avons-nous encore une diplomatie ?

Agences de presse vendredi 17 mai 2013, par La Rédaction

par Alain Corvez, consultant  et ancien colonel numéro 2 de la FINUL (Liban)

A Corvez

La France ne veut pas que l’Iran participe à la conférence internationale en projet sur la Syrie, a affirmé vendredi le ministère français des Affaires étrangères, alors que Moscou, allié de Damas, a demandé au contraire la présence de cet autre grand soutien du régime syrien.

« En ce qui nous concerne, en tous les cas, (nous ne voulons) pas l’Iran » à la conférence souhaitée par Moscou et Washington et prévue pour le mois de juin à Genève, a souligné le porte-parole du Quai d’Orsay, Philippe Lalliot, lors d’un point-presse.

« La crise syrienne, par contagion, touche toute la zone. Il y a un enjeu de stabilité régionale, on voit mal qu’un pays (l’Iran) qui représente une menace pour cette stabilité participe à cette conférence », a-t-il ajouté.

La Russie a affirmé jeudi qu’elle voulait que l’Iran et l’Arabie Saoudite soient invités à la conférence, considérant ces pays comme deux acteurs clés pour trouver une solution politique à la crise syrienne. Lire la suite

L’Humanite.fr publie les bases de travail pour l’accord de libre-échange transatlantique

marché transatlantique

Le document que l’humanite.fr s’est procuré, datant du 12 mars, est actuellement discuté par les Parlementaires européens et les gouvernements nationaux. c’est une base de négociation sur l’accord de libre-échange transatlantique, déjà passé en commission au Parlement, et ses amendements seront votés ce jeudi 23 mai. S’il était adopté, cet accord frapperait tous les pans de la société européenne. Document.

La base de travail pour l’accord de libre-échange transatlantique que l’humanite.fr s’est procuré et que nous publions est clairz : José Manuel Barroso, le Président de la Commission européenne, est prêt à satisfaire les envies des Etats-Unis de renforcer leur présence économique et commerciale sur le continent européen. Barack Obama a donné son feu vert à cet accord dans son discours sur l’état de l’Union en février, et le 12 mars, la Commission faisait circuler le projet de texte. Actuellement soumis au Parlement européen, qui l’amende, avant d’être présenté aux 27 chefs d’Etats et de gouvernements (le Conseil européen), ce projet souligne les potentialités d’un accord entre l’UE et les Etats-Unis en matière de développement économique.

La Commission annonce des gains économiques significatifs : de 119,2 milliards de dollars pour l’UE et de 94,2 milliards de dollars pour les Etats-Unis… à condition d’éliminer toutes les « entraves » au libre-échange, barrières non tarifaires pour commencer (voir notamment page 7, point 9). Lire la suite

Le Conseil national de la résistance 70 ans après : l’ancien et le moderne

Alors que le 27 mai approche, jour de la première réunion du Conseil national de la Résistance le 27 mai 1943, rue du Four à Paris, les Clubs « Penser la France » organisaient un « Café hyper-républicain » sur le thème: « Le Conseil National de la Résistance (CNR), 70 ans après : l’ancien et le moderne ».

Avec :

  • Léon Landini, résistant Francs-Tireurs et Partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI).
  • Georges Gastaud, secrétaire national du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF)
  • Jacques Nikonoff, porte-parole du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP)
  • Débat animé par Jean-Luc Pujo, Clubs « Penser la France 

Les vidéos de cet évènement exceptionnel sont maintenant disponibles :


1-CNR-Jean-Luc Pujo – Introduction au Café… par M-PEP

 

Olivier Berruyer :« Les faits sont têtus »

Olivier Berruyer décrypte les raisons de la crise

Le Blog d’Olivier Berruyer

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Après avoir fourni une description extrêmement fouillée des caractéristiques de la crise, Olivier Berruyer poursuit son livre par une analyse des ressorts de cette crise du néolibéralisme, dénonçant le laisser-faire et les excès de la finance.

La dénonciation du « laisser-fairisme intégral »

Olivier Berruyer commence son livre en dénonçant la pensée laisser-fairiste, citant Alain Minc, qui affirmait en octobre 2008, que « la crise est grotesquement psychologique ». Même s’il est féru de chiffres, il souligne que l’économie est une science sociale. Il résume la crise actuelle d’une manière synthétique et juste : « nous avons transformé notre système économique en un système qui privilégie le court terme au détriment du long terme, l’intérêt individuel au détriment de l’intérêt collectif, la liberté absolue au détriment de l’égalité et de la fraternité ». Comme d’autres, il souligne que cette crise est une répétition de celle des années 1930 mais que nous n’avons pas, cette fois, l’excuse de la première fois…

Il rappelle le rôle des chocs pétroliers et de l’échec des expériences communistes en Russie et en Chine dans la la victoire idéologique des néolibéraux à la fin des années 1970, autour de deux croyances : le monétarisme et le libre-marché, par opposition à l’Etat et à la planification. Mais pour lui, c’est « le retour de Cro-Magnon et sa massue ». Il souligne que la période de forte régulation bancaire avait  permis d’éviter les crises, comme l’ont montré Reinhart et Rogoff. Il rappelle que selon l’indice de libéralisation financière du FMI, c’est le gouvernement Fabius, qui a, de très loin, le plus libéralisé notre pays. Il rappelle que selon un sondage Ifop, les électeurs de François Hollande étaient paradoxalement les moins enclins à réclamer plus de protection vis-à-vis de la mondialisation. Lire la suite

Diplomatie française: inculture et ignorance aux commandes

roland hureaux

L’exemple de la Syrie par Roland Hureaux

Ceux qui dirigent la diplomatie française l’auront bien cherché! L’annonce d’une conférence internationale sur la Syrie avec la participation du gouvernement Assad dont le principe a été négocié directement entre les Etats-unis et la Russie constitue un camouflet pour la politique française…

http://roland.hureaux.over-blog.com

Droit de véto budgétaire accordé à la Commission européenne.

two pack

Le Conseil de l’Union européenne a formellement adopté aujourd’hui le « Paquet de deux » (ou »Two-Pack »),approuvé le 12 mars dernier par les eurodéputés.

Vous pouvez lire ici le communiqué de presse du Conseil. Ce dernier nous apprend que le Paquet a été adopté sans discussion durant la réunion du Conseil de l’agriculture et de la pêche.

Le « paquet » est composé de deux règlements visant à introduire un contrôle beaucoup plus strict des pays de la zone euro en difficulté, notamment ceux souhaitant bénéficier d’une assistance financière, et à encadrer encore davantage le processus d’élaboration des budgets nationaux.

L’une des mesures phares est l’obligation des États de communiquer à la Commission européenne leur projet de loi de finances (« plan budgétaire ») avant le 15 octobre de chaque année.
Alors que le projet initial n’en prévoyait pas l’obligation, le texte définitif indique que la Commission devra nécessairement adopter un avis avant la fin novembre. Celui-ci pourra être présenté au Parlement national ou le Parlement européen, si ces derniers en font la demande.
Surtout, si la Commission estime que ce plan présente un « manquement particulièrement grave », elle pourra (après avoir consulté l’État concerné) en demander la révision dans un délai de trois semaines maximum.

C’est en quelque-sorte un droit de véto budgétaire accordé à la Commission européenne.

Les deux textes entreront en vigueur 20 jours après leur publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Pour en savoir plus sur le détail des dispositions renforçant encore davantage la discipline budgétaire européenne, vous pouvez lire cet article.

contrelacour.over-blog par Magali Pernin

France, les trois réformes exigées par Bruxelles!

La situation pitoyable dans laquelle nous mène la situation européenne éclate au grand jour avec le délai de deux ans pour respecter les critères du pacte de stabilité que vient de nous octroyer la Commission européenne.

Hollande s’est réjoui de l’épisode : il a montré suffisamment de gages de bonne volonté pour qu’un délai de grâce lui soit accordé.

C’est déja suffisamment pitoyable qu’un président de la république française, dans les dix premières puissances mondiales, soit obligé de se louer d’avoir obtenu un pouce de liberté de la part d’une instance bureaucratique.

Mais la suite est encore plus lamentable puisque la facture arrive directement :

 

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Evidemment quand on fait un pacte avec le diable, cela a un coût. Lire la suite