Archives pour la catégorie patriotisme

Si je suis Charlie, je suis aussi Libyen, Syrien, Irakien …

En ce début d’année nos pensées se tournent vers les familles des victimes de l’attentat de ce 7 janvier à Paris.

Si beaucoup de français découvrent avec effroi la réalité du terrorisme islamique sur notre sol  les populations  libyenne, syrienne, et irakienne le vivent au quotidien depuis des années sans que cela n’émeuve grand monde…

Depuis la réintégration de la France dans l’OTAN en 2007 nous n’avons plus de politique étrangère équilibrée et indépendante, nos gouvernements se sont docilement alignés sur la politique atlantiste.

Nous avons créé, favorisé et valorisé ce terrorisme, en détruisant la Libye et en l’utilisant contre le régime syrien. Même si ces fanatiques sont à l’origine une création américano-qatari- saoudienne, ils deviennent incontrôlables et leur djihad ne se limite pas au Moyen-Orient !

L’appel à « l’Union Nationale » est un piège pour tenter de faire oublier la responsabilité écrasante que portent nos dirigeants politiques de droite et de gauche dans cette situation tragique.

Il me semble préférable de lancer un appel sous forme de vœu pour que 2015 sonne le réveil des consciences politiques et de la lucidité! Car nous aurons besoin de sang-froid afin de ne pas sombrer dans l’amalgame qui nous conduirait au choc des civilisations.

Thierry Delbos

 

Moyen Orient:du chaos constructif au choc des civilisations?

Brzezinski

La stratégie du « chaos constructif » élaboré par Zbigniew Brzeziński pour remodeler un grand Moyen Orient (partition de la Libye, de l’Irak et de la Syrie) offrant à Israël la suprématie militaire régionale tout en garantissant aux EU un accès et  un contrôle des réserves gazières et pétrolifères de la région, risque-t-elle de nous conduire au « choc des civilisations » théorisé par Huntington ?

Huntington

Les puissances de l’axe atlanto-qataro-sioniste, France en tête, après avoir orchestré la déstabilisation de la Syrie de l’intérieur par une classique « révolution de couleur » n’ont pas pu reproduire les conditions d’une intervention militaire directe comme en Libye pour faire tomber Bachar al Assad et le régime, la Russie et la Chine s’étant opposées à toute résolution violant la souveraineté du territoire syrie.

Ne pouvant donc intervenir directement,  l’opposition syrienne et son ASL n’étant que des constructions médiatiques, il leur a fallu perpétrer cette agression extérieure par forces interposées, les impérialistes ont réutilisé le fondamentalisme religieux pour tenter de transformer une pseudo révolution démocratique en guerre de religion : Bachar étant chiite, les chiites étant en minoritaires face aux sunnites la partie serait vite enlevée ! C’était sans compter sur le sentiment nationaliste syrien forgé  au cours de la jeune histoire de la République Arabe Syrienne dans ses luttes pour son indépendance, notamment contre la France, bien plus fort que le sentiment d’appartenance à une obédience sunnite ou chiite!

En encourageant, finançant et armant les salafistes sunnites pour mener sous couvert de « printemps arabe » le djihad en Syrie, les impérialistes ont ouvert la boite de Pandore : ils comprennent un peu tard que les monstres qu’ils ont créés leur échappent totalement. Et que la menace que représentent les Dayesh, Jabat Al Nosra et autres Al Qaida ne se limitera pas au Moyen Orient. Il est instructif à ce titre de lire les ouvrages de Jean-Loup Izambert (Crimes sans châtiments) et Samuel Laurent (Al Qaida en France) pour comprendre l’instrumentalisation des intégristes salafistes et leur objectif politique.

Il est à craindre en effet, à la faveur des situations crées en Libye, Syrie, lrak, Gaza, qu’un vaste mouvement de soutien à cette mouvance salafiste se soit opéré à travers le monde. Il est question de plus de 80 nationalités alimentant les rangs des combattants de l’EIIL en Syrie et en Irak, chaque jour apportant un flux grossissant de nouveaux volontaires pour le djihad, composés par de  jeunes hommes et femmes musulmans.

Mais suite au retournement des « impérialistes », difficile de prédire si l’engouement actuel va se tarir ou bien se développer et s’étendre ? On ne peut que constater que les intégristes salafistes se développent en Afrique du Nord et de l’Est, et que la théorie d’Huntington du « choc des civilisations » ayant la religion et la culture comme lignes de fracture devient une prophétie auto réalisatrice.

Thierry Delbos

L’ardente nécessité de « RE-FAIRE NATION »!

Le 27 juillet 1214, Philippe-Auguste roi de France remporta la bataille de Bouvines contre la coalition guerrière formée par l’Anglais Jean Sans Terre,  le Germain Othon IV,  le Comte des Flandres et  plusieurs féodaux français qui voulaient se dégager de la suzeraineté capétienne.

Philippe-Auguste eut la grande sagesse de laisser tomber la Croisade, dans laquelle il s’était engagé de mauvais gré, et de s’occuper de son pays au lieu de guerroyer en « Terre Sainte » ; et pour compenser son infériorité militaire, de s’allier aux « Communes »  de Paris à la Picardie, ce vaste mouvement populaire, dirigé par la bourgeoisie industrieuse, artisanale et commerçante des villes qui refusait la tutelle prédatrice des seigneurs féodaux.

Cette victoire consolida décisivement le Royaume capétien en écartant les prétentions germaniques, flamandes et anglaises sur notre sol et donna naissance à la « Nation française ».

En ce 800 ème anniversaire de Bouvines, revient, comme en d’autres périodes périlleuses de notre histoire, l’ardente nécessité de « Faire Nation » face aux défaiseurs de la France, européistes à la solde de cette UE en marche vers le Grand Marché Transatlantique inspiré par les nouvelles féodalités financières.

Œuvrons pour que les patriotes sincères puissent enfin se regrouper, au-delà de leur appartenance politiques, dans un Front patriotique et populaire afin que notre histoire continue et que nous puissions fructifier et transmettre son héritage !

 

 

 

TERRE DE PALESTINE : QUEL AVENIR ?

Par Paul Monmaur, universitaire retraité, Réflexion qui s’inscrit dans le cadre de la Journée de la Terre et du 64ème anniversaire de la tragédie palestinienne, le 12 mars 2012.

Pour fuir les pogroms de l’Europe de l’Est survenus dans le courant du 19ème siècle et au début du 20ème, de nombreux Juifs qui en sont les victimes vont émigrer. Les uns vers l’Europe occidentale et vers les Etats-Unis ; ils constituent le gros de l’émigration. D’autres vont s’installer, par vagues successives, en Palestine, optant ainsi pour le projet sioniste théorisé par Theodor Herzl vers 1896 qui prône la création d’un Etat juif pour les Juifs sur cette terre quoique d’autres pays d’accueil soient aussi évoqués. Leur nombre, modeste jusqu’à la Première Guerre mondiale (quelques dizaines de milliers de personnes représentant 8% de la population totale de la Palestine) ne cesse de croître ensuite. Ces pionniers qui comptent dans leur rang David Ben Gourion, une figure emblématique du sionisme, vont former le noyau du futur Etat d’Israël. Lire la suite

La souveraineté ne se décline pas en une souveraineté « de droite » ou « de gauche »

Gauche, droite et souveraineté

Par Jacques Sapir 4 juillet 2014
Dans Les Six Livres de la République, Jean Bodin élabore le concept clé de l’État moderne dont l’existence se définit par la souveraineté, dont l’attribut principal est la « puissance de donner et casser la loi ».

La souveraineté ne se décline pas, si l’on suit Jean Bodin, en une souveraineté « de droite » ou « de gauche ». Rappelons ses formules : c’est la souveraineté de la Nation dont il s’agit. Cette Nation peut s’incarner dans un homme ou dans un groupe d’hommes ; elle peut être représentée aussi bien par un Prince que par le Peuple. On voit qu’à ce niveau de généralité, la question de séparer la souveraineté entre « droite » et « gauche » perd toute signification.

Abus de langage…

Il ne faut pas se laisser abuser par les nombreuses formules qui, chez Bodin tout comme chez Machiavel, font référence au Prince. C’est le produit du contexte dans lequel a été produit ce concept. De plus, et cela est fort souvent le cas, le Prince signifie simplement « celui qui dirige ». Il est plus facile de trouver une différence si l’on regarde les formes de sacralisation de ce Prince. Mais, il faut savoir que l’on ne parle plus de la souveraineté. D’ailleurs, Bodin est très clair sur ce point. S’il souhaite, en Catholique, que celui qui incarnera la souveraineté de la Nation le soit aussi, il n’en fait nullement une condition. Il précise ainsi que le sacre de Reims n’est pas une condition à la légitimité ni à la souveraineté. C’est en cela que se trouve l’extraordinaire modernité de l’œuvre de Bodin. Son injonction de renvoie de la religion, et des signes de toute adhésion, à la sphère privée exclusivement a bien aujourd’hui une dimension fondatrice dans la société française, comme le montre l’arrêt concernant la crèche Baby-Loup. De ce point de vue, il est incontestable que l’interdiction (et en ce qui concerne le voile intégral il s’agit bien d’une interdiction) est le fondement même du vivre-ensemble.

Si l’on veut absolument introduire les notions de « droite » et « gauche » dans ce registre, c’est bien plus au niveau de la Nation que l’on peut le faire. Il y a clairement en France et ailleurs une tradition de la Nation transcendante. On connaît la formule de Charles de Gaulle parlant d’un pacte de près de deux mille ans entre la France et la liberté. La formule est certes belle, mais elle fait fi de l’histoire de la construction sociale et politique de la Nation. Reconnaître cette histoire, ce qui fut le fait des grands historiens du XIXè siècle, de Guizot à Michelet, ancre plutôt le concept de Nation à « gauche ». Lire la suite

Chevènement ne sollicitera pas un nouveau mandat de sénateur

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Communiqué de Jean-Pierre Chevènement, extrait de son intervention devant l’assemblée des Maires du Territoire de Belfort (discours complet ci-joint), le 14 juin 2014 à Belfort.

J’ai été très fier d’être élu sénateur du Territoire de Belfort le 21 septembre 2008, au deuxième tour de scrutin, face à la fois à un candidat de l’UMP et à un candidat PS, par ailleurs Président du Conseil Général, qui n’avait pas cru bon d’appliquer à mon égard la règle du désistement républicain.

J’ai décidé de ne pas solliciter le renouvellement de mon mandat, et ma décision, qui ne date pas d’hier, ne signifie nullement que je renonce à mon engagement politique. Au contraire.

J’ai servi avec passion les intérêts de mon pays et ceux de ce petit coin de France qu’est le Territoire de Belfort. Je remercie du fond du cœur les maires et les grands électeurs de la confiance qu’ils m’ont témoignée.

J’ai aimé le Sénat qui procure, selon le mot de Clemenceau « le temps de la réflexion ». J’y ai élargi mes horizons, en maints domaines. Mais l’important aujourd’hui est que le relais soit pris sur le terrain par des hommes et des femmes dignes, compétents et d’abord dévoués à l’intérêt public. C’est pourquoi je fais entièrement confiance à mon suppléant, Christian Rayot, Républicain de progrès, maire de Grandvillars et Président de la Communauté de Communes du Sud Territoire, pour défendre les intérêts du département du Territoire de Belfort et manifester à la tribune du Sénat l’exigence d’un patriotisme républicain sans faille.

Je suis parlementaire depuis plus de quarante-et-un ans mais il y a mille manières de servir sa patrie ailleurs qu’au Parlement et par d’autres voies.

Mon combat politique a toujours été un combat d’idées et à ce combat je veux consacrer tout mon temps, car la tradition du républicanisme civique doit être relevée dans notre pays. Je resterai, bien entendu, disponible pour le salut public.

Je continuerai à agir par la pensée et par la plume et prendrai prochainement les initiatives nécessaires à l’œuvre de refondation républicaine.

il faut être gros dans la mondialisation: propagande européiste!

Le géographe Gilles Ardinat, auteur de l’ouvrage La mondialisation en 10 leçons, était l’invité du Cercle Aristote pour démonter un argument de la propagande européiste aussi faux que convenu : il faut être gros dans la mondialisation.


Gilles Ardinat sur la notion de taille en… par webtele-libre

Appel à sanctionner le PS-EELV aux élections municipales

le 22 mars 2014  Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP) 
Résumé

Le Parti socialiste, depuis sa victoire à l’élection présidentielle et aux législatives de 2012, mène une politique dans la stricte continuité de celle conduite par monsieur Sarkozy. Le chômage, la précarité, la pauvreté, l’aggravation des inégalités prennent des proportions dramatiques. Aucune issue positive pour la population n’est à attendre de l’acharnement avec lequel les socialistes appliquent les dogmes les plus éculés de la doctrine néolibérale. Cette situation n’a rien de surprenant. C’est la ligne politique constante suivie par le Parti socialiste depuis le « tournant de la rigueur » qu’il a opéré en 1982-1983. Toutes les mesures principales prises depuis 2012 vont ouvertement dans le sens de l’accélération de la domination du capitalisme néolibéral.

Les élections municipales des 23 et 30 mars 2014 sont tout à fait particulières pour deux séries de raisons. D’une part, l’acte III de la décentralisation, largement méconnu par la population, créée une situation parfaitement ubuesque. Ces élections, en effet, se déroulent avant que l’on sache exactement quelles seront les futures compétences des collectivités locales. D’autre part, dix-sept années d’exercice du pouvoir par le PS depuis 1981, permettent désormais de dresser le bilan du principal parti de gouvernement à gauche. Ce bilan est accablant. Voter pour le PS ou s’allier avec lui, comme le font EELV et le PCF dans certaines villes, c’est voter ou s’allier avec le plus dangereux des partis au service des classes dominantes. Car telle est la réalité d’aujourd’hui : le PS, abusant de son image mythique de parti de « gauche », arrive à faire passer des « réformes » (néolibérales) mieux que la droite. Bénéficiant de l’héritage historique d’un parti jadis socialiste, il arrive, avec la connivence de ceux des syndicats ramollis par leur allégeance à la politique de l’UE dont ils font partie au sein de la Confédération européenne des syndicats, à faire passer des « réformes » exigées par la Commission européenne, qui auraient suscité des luttes et résistances si c’était la droite qui était aux commandes. Mitterrand avouait en 1981 déjà que l’arrivé de la gauche atténuera les luttes de classes ! Les élections municipales, premières élections succédant à l’arrivée au pouvoir du PS en 2012, sont donc l’occasion de sanctionner le plus sévèrement possible ce parti.

Bien sûr, il faudra sanctionner également toutes les listes sur lesquelles se trouvent des amis de messieurs Sarkozy, Fillon, Copé, Bayrou, Borloo. Ils ont mené la même politique que celle de messieurs Hollande et Ayrault. Il faudra aussi sanctionner toutes les listes où se trouvent des amis de la famille Le Pen, car leur démagogie et leur xénophobie contribuent au blocage politique de notre pays. Par défaut, le M’PEP appelle à voter pour des listes de citoyens intègres, attachés à l’indépendance de notre pays, aux libertés des collectivités territoriales, proposant des programmes favorables aux intérêts de la population.

lire la suite  Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP)

Désobéissons à l’Union européenne !

Sortir de l’euro ne fera pas tout

Roman Koksarov/AP/SIPA

par Aurélien Bernier le 28/02/2014

La remise en cause de la monnaie unique a récemment fait irruption dans la presse, notamment dans les pages du Monde diplomatique et de Marianne. Il faut dire que le nombre et la qualité des intellectuels qui prônent aujourd’hui la sortie de l’euro (Jacques Sapir, Emmanuel Todd ou Frédéric Lordon) et la part croissante des Français qui soutiennent cette idée (environ un tiers) rend le sujet difficilement contournable. L’union monétaire commence à être vue pour ce qu’elle est depuis le départ : le moyen de retirer aux États un outil déterminant en matière de politiques économiques pour prévenir toute opposition à l’ultralibéralisme forcené de l’Union européenne.

Cette bonne nouvelle ne doit pas faire oublier que sortir de l’euro est une condition nécessaire au changement d’orientation politique, mais certainement pas suffisante. Lire la suite